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contrechamp / ACTUALITÉS

Détours tactiques et constance stratégique

Le procès de Blida a été rapide et s’est déroulé dans un huis clos de fait. Impliquant quelques-uns des principaux protagonistes des trois décennies noir et rouge, il n’a tout de même pas constitué le moment de vérité qu’on aurait pu attendre d’un tel événement.
Aux yeux de l’opinion, il laissera certainement l’image de ce qu’il est : une péripétie de la vie du régime qui n’engage pas directement le sort du peuple. Ramené à cette juste mesure, il en devient inutile alors d’épiloguer sur l’aspect procédural et légal d’un procès qui illustre cette habitude propre aux régimes autoritaires : les faits politiques y prennent souvent la forme de faits judiciaires. Un procès éclair pour complot, c’est un peu rapide, pour ainsi dire, mais il a l’avantage de résumer, par les personnages qu’il met en scène, la terrible logique du système : l’Algérie est l’affaire de quelques décideurs qui se la disputent.
Si, depuis plus de sept mois, les Algériens se mobilisent, c’est pour crier leur exigence d’un nouveau système, un système qu’ils ont clairement identifié. Il se caractérise d’abord par une justice émancipée de l’astreinte politique. Cette marche vers l’État de droit s’avère ardue mais le peuple, loin d’être découragé par l’épreuve qui s’avère éprouvante et longue, s’est armé de patience. Vraiment, jamais l’expression “s’armer de patience” ne s’est justifiée de manière aussi éclatante. La patience, arme du désarmé !
Le procès que les Algériens attendent est le procès du régime et, à travers lui, le procès du système qui a privé le peuple d’une indépendance pourtant chèrement payée. Et aucun autre procès ne semble pouvoir le détourner de sa revendication. Le pouvoir a-t-il fini par en convenir ? N’est-ce pas de bon augure en effet  que, pour la première fois depuis de longues semaines, le chef d’état-major prononce un discours dénué de menaces et de quolibets à l’encontre de ceux qui continuent à manifester pour une transition de rupture préalable aux élections ? La remise en liberté provisoire de Karim Tabbou traduit peut-être aussi que le pouvoir se met à reconsidérer cette espèce de stratégie de répression judiciaire du mouvement populaire.
D’un autre côté, les forces conservatrices semblent reprendre du poil de la bête aux dépens d’un pouvoir qui s’acharne à contrarier la volonté de changement exprimée par le mouvement populaire. Trop investi dans la répression de la révolution, il a réveillé les reliquats de l’ancien régime qui trouvent peut-être que c’est le moment d’entreprendre la contre-offensive. Le refus inédit de voter la levée d’immunité d’un député ne peut pas avoir une autre signification.
À trop réprimer le peuple appelant à la rupture, le voici attaqué, de l’intérieur, sur son thème de prédilection, celui de la lutte contre la corruption !
Finalement, le seul vainqueur stratégique de ces sept mois de mouvement et de contre-mouvement, c’est le hirak, concentré qu’il est sur sa cause : le démantèlement et le remplacement du système historique antinational.

M. H.
musthammouche@yahoo.fr


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