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contrechamp / ACTUALITÉS

Du quiproquo à l’impasse

En voulant accélérer la mise en œuvre de sa feuille de route pour une élection présidentielle, le pouvoir s’est contraint à se révéler dans sa  nature politique.

Renonçant à une solution de consensus parce que la revendication de rupture prédominait sur son option électorale, il a décidé de l’imposer par d’autres moyens. Ces moyens ont consisté, pour le régime, à conduire un dialogue contrôlé, dépassant des initiatives pourtant préalables à son interlocution maison. Ce dialogue était censé assurer une légitimité à ce qui sera ultérieurement entrepris. Mais pour faire passer et aboutir l’option adoptée, il fallait commencer à réduire l’ampleur des manifestations, les marcheurs étant restés sur leur exigence de changement de système.
Ainsi donc, un pouvoir de fait, dont la légitimité résidait dans sa disponibilité à accompagner le peuple dans l’entreprise de refondation nationale qu’il vient d’entamer, s’est mis en tête d’imposer sa propre vision du renouvellement politique et de faire adopter son projet avec l’aval des citoyens sortis revendiquer la rupture. 

Or, ces citoyens manifestants persistent dans leur demande d’une autorité de transition et d’un changement, préalable à toute élection, du cadre constitutionnel. À cette persévérance revendicative, le pouvoir a réagi par une offensive répressive. Un choix qui, forcément, le pousse à la dérive autoritariste que l’on observe et dont pâtissent autant des manifestants anonymes que des personnalités politiques, des militants de droits et libertés publiques et des professionnels de la presse… Avec les excès que provoque nécessairement la répression d’un mouvement de masse. 

Le résultat en est que les actes du pouvoir se sont mis à contredire manifestement ses engagements. C’est ce qu’Abdelaziz Rahabi veut probablement expliquer en déclarant que “nous ne sommes pas dans un climat de nature à garantir le passage d’un système autoritaire à un système démocratique réclamé par des millions de citoyens et citoyennes”. Pourtant, au début du mouvement populaire, l’ancien ministre n’avait pas d’emblée rejeté la virtualité d’une rupture “accompagnée” par le pouvoir de fait ; il s’est même engagé dans ce sens. 

“Même si je me présente et que je suis élu, je ne pourrai rien faire dans ces conditions”, confiait, de son côté, Mouloud Hamrouche à des citoyens venus solliciter sa candidature pour l’élection présidentielle du 12 décembre. Ce propos semble, lui aussi, inspiré par ce fait que l’autorité “transitoire” actuelle laisse échapper les signes d’une réelle volonté de baliser la perspective politique en fonction de sa vision propre.

Le pouvoir veut faire passer le fait d’élaguer le régime de ses branches malsaines suffirait à relancer son règne “sur de nouvelles bases”, dirait-il. Il n’a visiblement pas saisi la nature révolutionnaire du mouvement populaire dont l’ambition n’est point de changer de personnel politique seulement, mais de redéfinir les bases de la vie politique à venir. Plus grave, il compte se sortir du quiproquo par le moyen de la répression.

 

M. H.

musthammouche@yahoo.fr


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