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contrechamp / ACTUALITÉS

Élections et démocrature

Bouchareb a confirmé, samedi, que l’élection présidentielle d’avril 2019 aura bien lieu. Un peu en retard, puisque Gaïd Salah est déjà en campagne, depuis au moins mercredi à Oran, d’où il nous rappelait le bilan de Bouteflika fait de “stabilité”, concrétisée grâce à l’initiative de Son Excellence M. le président de la République, en l’occurrence “la charte pour la paix et la réconciliation…”, une “stabilité” qui a permis à l’Algérie de “réussir son parcours vers davantage de réalisations de développement dans divers
domaines…”.
Devant ses nouveaux sénateurs, le nouveau chef du FLN, “démocratiquement” imposé à la tête du parti et de l’Assemblée nationale, n’en a eu que pour “l’ordre républicain” et “l’État démocratique”, stigmatisant “la minorité” qui refuse de se soumettre à la règle de la démocratie ! Il semblait n’en avoir cure du rapport 2019 de The Economist Intelligence Unit qui venait de lui rappeler, quelques jours plus tôt, dans quel genre de régime il opère. Dans ce classement, l’Algérie traîne lamentablement, en effet, à la 126e place sur 167 pays évalués, rangée dans la catégorie “dictatures”, derrière ses voisins, la Tunisie (67e) et le Maroc (100e), se consolant peut-être de devancer “l’ordre républicain” du maréchalissime Sissi (127e).
Ce n’est pas l’organisation de simulacres de scrutin qui fait la démocratie. D’ailleurs, même cette formalité électorale qui lui tient lieu de feuille de vigne démocratique, le pouvoir a pensé, un moment, à s’en dispenser et à prolonger le quatrième mandat sur on ne sait quel prétexte. Avant de se raviser pour on ne sait quelle raison. Et pour ce faire, il aurait pu “démocratiquement” opérer la rectification constitutionnelle nécessaire. Cela se passe ainsi en dictature : le pouvoir corrige la Constitution à sa guise d’abord, et appelle, ensuite, à son respect. Pour le régime, l’alternative entre le prolongement du 4e mandat et le passage à un 5e mandat ne se posait pas en termes de démocratie, mais seulement en termes de commodité pour assurer l’option de fond, celle de sa “continuité”. On le voyait bien : c’est en interne que le régime débattait, ou plutôt se débattait, pour trouver l’issue la plus pratique à son impasse.
Pendant ce temps, la répression, mesure d’accompagnement indispensable à une “démocrature”, se déployait, et se déploie tout le temps, et dans toutes ses versions : arrestations et emprisonnement, sous des prétextes controuvés, de journalistes et d’internautes, étouffement de l’expression citoyenne, verrouillage de l’espace public, saturation parasitaire de la scène médiatique, usage inconsidéré de la menace officielle…
Certes, le monde n’a pas vocation à imposer la démocratie. D’autant plus que celle-ci n’y est finalement pas majoritaire. Mais le rang que notre pays occupe dans la hiérarchie démocratique universelle sonne comme un rappel à l’ordre : élection, putsch ou “consensus”, nous sommes loin du compte pour ce qui est de la démocratie. Nous n’y sommes pas du tout.


M. H.


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