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contrechamp / ACTUALITÉS

En guise de bilan


En marge du mouvement populaire pour un changement de système, les péripéties entourant la démission de Bouteflika ont révélé, pour ceux qui ne voulaient pas voir, et confirmé, pour les autres, l’existence d’une force extraconstitutionnelle qui s’était arrogé des prérogatives présidentielles.
Ce constat suscite quelques questions. Est-ce Bouteflika qui s’est déchargé de ses attributions, de certaines d’entre elles en tout cas, au profit de son frère et de ses comparses, instituant ainsi une espèce d’autorité par procuration sur le pays qui l’a “élu” ? Ou est-ce le frère qui s’en est emparé, profitant de l’état d’infirmité du Président ? Et, surtout, cette force qui a noyauté l’État formel, jusqu’à s’y substituer, constitue-t-elle le vrai pouvoir depuis tous ces sept ans que le chef de l’État est en mauvaise santé ? Enfin, qui, dans les institutions, était au fait de ce fonctionnement anticonstitutionnel et de cette gestion clandestine, informelle, du pays ? Car, en effet, l’affaire en cours de traitement au niveau du tribunal militaire ne concerne probablement qu’une des interventions à l’actif de cette autorité de substitution. À ce stade du questionnement, il faut observer que, pendant des années, tout un État ou presque, c’est-à-dire l’essentiel du personnel dirigeant, s’était accommodé de ce détournement usurpatoire de la fonction présidentielle.
Pis encore, la plus grande partie de ce personnel a fait campagne pour le quatrième mandat, en 2014, dans le but de prolonger une situation qui, dans les faits, était illégale. Et des politiciens, qui ne voyaient finalement jamais le Président, allaient battre campagne pour témoigner du fait qu’il s’acquittait normalement de ses tâches, qu’il “suivait les dossiers”, qu’il leur adressait “ses instructions et ses orientations”,  que “son cerveau fonctionne mieux que tous les nôtres”…Ils poussaient le culot jusqu’à justifier leur soutien par leur désir de voir le pays encore profiter de sa vision prospective et de sa clairvoyance !
Sans le réveil, tardif mais salutaire, d’une jeunesse enfin réveillée au péril d’un pays dérivant, ils auraient encore infligé au pays et au peuple un supplément d’épreuve d’oppression, d’abus et de pillage. Et cela pour abuser de l’unique avantage de ce régime : sa permissivité à la corruption et à toutes formes de détournements de deniers et de biens publics. Un avantage qu’il réserve à une unique catégorie d’Algériens : ses soutiens et ses thuriféraires qui savent fermer les yeux sur le prix qu’il fait payer à l’Algérie pour son maintien au pouvoir. C’est d’avoir fait de l’Algérie un libre-service pour rentiers indélicats qui ont facilité sa longévité politique et suscité l’allégeance massive de politiciens, de fonctionnaires, d’affairistes et de leaders sociaux. Ce faisant, Bouteflika est devenu indispensable à la durabilité de cette “corruptocratie” qu’il a suscitée et promue.  Lui seul pouvait assurer l’homogénéité d’une construction regroupant des forces et des intérêts associés mais concurrents dans la course à l’accumulation privative.
Á peine parti, il n’en restait plus qu’un nœud de vipères en débâcle. Vingt ans de péroraison, de dilapidation, de répression et de fraude pour ce résultat ?
 

M. H.
musthammouche@yahoo.fr


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