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contrechamp / ACTUALITÉS

Enjeux et anecdotes

De grands enjeux nous occupent, ces derniers jours : le secrétariat général de l’APN, la direction de la Police des frontières à l’aéroport d’Alger, le contrôle du syndicat d’El-Hadjar… Et derrière ces manœuvres, qui nous tiennent en haleine, se profilent les ombres d’acteurs politiques décisifs :
Ould Abbes, Bouhadja, Tliba…
La promotion successive de ces personnages, aujourd’hui acteurs de premier ordre de la scène publique, nous a, à chaque fois, scandalisés. Même sans être adeptes du régime politique qu’ils servent et qui les anoblit, nous exigions secrètement de lui un certain élitisme. Et attendions qu’il fût sélectif dans le choix des responsables organiques, pour ses partis et organisations parapolitiques, et politiques, pour nos
institutions.
Ce trait de culture, qui fait que l’on vit mieux la divergence politique que l’absence de compétence et de maintien, de ce que les anciens régimes, pour aussi autoritaires qu’ils furent, nous avaient habitués à une certaine concordance du profil général et du cheminement de la personne avec la fonction pour laquelle elle est désignée. Pour illustration, on peut, par exemple, signaler que beaucoup des ministres des gouvernements Boumediene et Chadli, qui eux-mêmes n’avaient rien d’académiciens, ont écrit des livres.
Bien sûr, des hommes politiques pittoresques, il y en a eu depuis l’indépendance. Le multipartisme débridé des années 1990 en a révélé beaucoup. Mais ils agissaient à la marge, avec leurs partis-sigles creux qui n’ont servi qu’à entretenir la confusion politique utile au pouvoir. La plupart du temps, ces opportunistes de tous les “19 mars” n’ont pas d’effet sur le cours des choses. Mais Saâdani, Ould Abbes, Tliba et autres interviennent avec les moyens et l’assurance de ceux qui sont missionnés “d’en haut”, comme on dit, pour la manœuvre. Ils sont, avec leurs méthodes souterraines, d’une réelle efficacité.
Ce genre d’“élite” a l’avantage, pour le régime, de pouvoir défendre n’importe quel projet, même celui qui devrait ruiner le pays. Parce que leur carrière politique est là pour servir leur vocation affairiste, et non quelque conviction philosophique. Ils y sont parce que, dans notre pays, la politique est le secteur d’activité qui paie le mieux et offre les meilleures chances d’évolution sociale. À ce sujet, les exemples de “réussites” ne manquent pas.
Alors, si tel est le pacte, le seul vrai “pacte social” que notre régime applique réellement, ses bénéficiaires se moquent de ce qu’ils fassent les “unes” des journaux parce qu’ils sont à leurs tâches manœuvrières. Ils ont vu pire : lorsqu’ils parvenaient au haut de la pyramide organique, les Saâdani et Tliba constituaient une “matière” pour caricaturistes et billettistes. Aujourd’hui, ils inspirent les méditations prospectives de nos analystes politiques !
Ainsi, la vie publique est médiatiquement réduite à un feuilleton anecdotique : les 17% de Haddad dans Fertial, comme s’il en était encore à cela, le secrétaire général de l’APN, le chef de la PAF de l’aéroport, le syndicat d’une sidérurgie en ruine…
On ne voit pas qu’à la base, il y a un choix politique, celui d’un régime qui, pour mieux sévir, fait agir l’incompétence et l’appétence.

M. H.


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