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contrechamp / ACTUALITÉS

Escalade répressive

Malgré ses dommages, l’opération emblème amazigh n’est visiblement pas parvenue au bout de son objectif politique. Elle se poursuit, comme le montrent la reconduite du mandat de dépôt de certains manifestants arrêtés à Alger, incarcérés depuis juin dernier, et le procès tenu  contre d’autres citoyens arrêtés dans d’autres wilayas, mais elle s’est avérée concrètement inapplicable en Kabylie. Tout se passe alors, avec cette campagne de fermeture administrative de lieux de culte chrétien, comme si on avait voulu substituer à la chasse à l’emblème identitaire une autre forme de provocation, fondée sur la différence confessionnelle.
On ne sait si ces provocations, à force de varier et de se superposer, finiront par atteindre leur but ou si l’esprit responsabilité continuera à l’emporter sur l’aventurisme. Mais une telle démarche, même si elle procède de motivations tactiques, comme celle de créer une situation justifiant la prescription de pouvoirs spéciaux, ne peut se concevoir que si elle repose sur un sectarisme de conviction. Car en quoi le port de l’emblème identitaire ou la pratique du rite protestant, licites jusqu’ici, contrarient-ils la mise en œuvre du projet de restauration institutionnelle à laquelle le pouvoir dit s’atteler ?

Les manifestations de rue qui se poursuivent expriment une opposition citoyenne, sans référence exclusive, au processus électoral en cours. C’est donc le hirak qu’on a transformé en opportunité répressive contre ceux qui ne partagent pas la solution de sortie de crise du pouvoir, mais aussi contre des acquis politiques que le mouvement populaire est justement venu arracher ou consolider, tels que la liberté de manifestation et de réunion, la réhabilitation de la volonté populaire, la liberté d’expression, l’indépendance de la justice... 
Le déni touchant à la dimension identitaire amazighe de la société algérienne et la remise en cause de la liberté de culte constitutionnellement établie sont significatifs de la résurgence circonstancielle d’un fanatisme éculé en même temps que d’une volonté de déplacer la problématique politique vers des thèmes autrefois clivants et qui le sont bien moins aujourd’hui. La preuve de l’inefficience du subterfuge est que, même en poussant le bouchon jusqu’à faire parler la télévision publique de “zouaves”, la graine de discorde n’arrive pas à prendre. Et le mouvement citoyen n’arrive pas à se détourner de sa finalité originelle : le changement de système. Le motif d’optimisme est justement là, dans le fait que la manipulation de ce genre d’avatars, qu’elle soit le fait d’une option de régression politique ou qu’elle serve à des fins manœuvrières, reste sans effet sur la cohésion et le pacifisme du mouvement revendicatif.
Le mouvement pour le changement est, en effet, sujet à un exercice soutenu de communication politique visant à l’embrouiller dans sa finalité et dans sa consistance. Visiblement sans résultat.
 

M. H.
musthammouche@yahoo.fr


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