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contrechamp / ACTUALITÉS

“Febrayeria”

Des personnalités ont émergé comme recours, soit pour la représentation de ce mouvement populaire actuel, soit comme alternative au personnel politique en place dans le cadre d’une réponse à la demande populaire. On y compte des hommes politiques en rupture avec leur camp, des transfuges du pouvoir forcés au repos, des activistes des droits sociaux et humains, des hauts fonctionnaires et cadres syndicaux… Elles sont d’une popularité inégale. 
Et leur émergence n’est pas pareillement justifiée. Mais, dans notre système, le pouvoir a coutume d’utiliser des notables sociaux au prestige justifié ou usurpé comme passeurs de ses combines. 
La pratique sert à compenser le discrédit structurel du pouvoir et à “rassurer” le peuple lorsqu’il affiche un pic de méfiance ou de mécontentement. L’usage le plus courant de la technique concerne les instances de surveillance et de supervision des élections, des instances “jetables”, puisque ses composantes s’égaillent dans la nature à peine la “mission” accomplie et les honoraires empochés. 
Rien n’a changé, en cinq-sept ans, ni dans la déconsidération des élites sociales et politiques de la part du pouvoir ni dans la disponibilité de ces élites à servir le pouvoir, même dans les moments où le peuple requiert leur soutien. 
Le spectacle est affligeant : le peuple en masse s’est tracé, de lui-même ou en puisant dans la mémoire collective de lutte pour la démocratie, la voie de sa libération et, au lieu de venir en renfort à cette entreprise patriotique, nos “premiers de la classe” cherchent les moyens d’aider à la survie du régime, les moyens de sa “sortie de crise”, comme elles disent ! Pourtant, en théorie, la vocation des élites est d’inciter leurs peuples à tenter les grands défis. 
C’est ce pourquoi, des patriotes se sont un jour levés pour faire d’une aspiration longtemps contrariée un projet qu’ils ont matérialisé à travers une guerre de libération. Il s’est concrétisé, mais malheureusement pas dans les formes souhaitées par des générations d’Algériens opprimés par le système colonial. Le peuple a arraché l’indépendance de son État, mais a continué à subir, à quelques acquis statutaires et sociaux près, le même asservissement de la part d’un système de pouvoir autochtone mais tout aussi despotique et pilleur.
Plus d’un demi-siècle après l’indépendance, l’Algérien n’a pas encore accédé à la qualité de citoyen telle que définie par le système universel de droits et devoirs qui lui sont rattachés. Pendant tout ce temps, les élites nationales ont globalement témoigné à la dictature une complaisance coupable. 
Elles ont légitimé l’oppression et la répression invoquant des causes sécuritaires ou géopolitiques supérieures et ont assuré la sous-traitance technique des politiques publiques destructives, injustes et parfois aventureuses… Elles ont surtout aidé à déclasser la question de la démocratie des droits et libertés jusqu’à la combattre comme handicap au développement économique et social et menace sur la stabilité et la sécurité de l’État !
Jusqu’à ce jour de février 2019 où le peuple, dans un élan spontané et auto-organisé, a pris l’option de s’imposer le destin qu’il croit mériter. 
Le “févriérisme” n’a pas de guides. Une révolution. 
“Febrayeria.”
 

M. H.
musthammouche@yahoo.fr 


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