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FLN, un symbole en otage

Jamais, depuis 1956, la question de la perspective nationale n’a été aussi franchement abordée par les Algériens qu’avec la Révolution du 22 Février. Au congrès de la Soummam, cette question fut traitée par les dirigeants, essentiellement de l’intérieur, de la révolution ; aujourd’hui, c’est le peuple dans sa globalité qui s’en est, enfin, emparé.

à la réunion de 1956, organisée pour définir le futur mode de gouvernance nationale, on s’accorda clairement sur le projet d’“état démocratique et social”. Mais c’était sans compter sur la secte qui, aux frontières, planifiait le putsch conçu pour détourner l’indépendance à son profit. Ce qui fut fait, à l’indépendance. Et par les armes. Depuis, les Algériens sont assujettis à un système imposé par un coup d’état. Et qui se perpétue par des coups d’état.
Un des effets de ces péripéties est que le sigle FLN, symbole de la Révolution et propriété de la nation en guerre, a été détourné de son statut de patrimoine collectif et accaparé par les puissants du moment. Depuis, il sert de couverture à entreprise de prévarication durable. Devenu… parti, le Front de libération nationale — “oua ma adraka !” — a subi la déchéance de service d’“appareil” de police politique (voir le fameux article 120), d’outil de propagande totalitaire, de sceau d’immunité pour les détourneurs de deniers publics, de machine à fraude électorale… Et cela, même si de nombreux militants avaient et ont encore, pour eux, la bonne foi de servir un “programme politique”.
Si le système a pu ainsi recycler le sigle FLN dans des pratiques totalitaires et mafieuses, c’est parce qu’il a su neutraliser ceux qui avaient la légitimité et le devoir de le défendre. Et le système n’a que deux méthodes de désarmement moral : la corruption des plus avides et la répression des plus probes. Et si la Révolution de Février réclame la restitution du FLN à la nation, c’est bien pour le libérer de cet usage absolutiste et mafieux. Pendant ce temps, une direction qui se voudrait étrangère à la “bande” s’active à saboter cette nouvelle tentative d’honorer le symbole de la libération en le délivrant de son instrumentalisation délinquante. Le FLN n’étant un parti… politique, ses spoliateurs n’ont que sa charge symbolique à manipuler. À tel point que Djemaï parle encore de “résidus de la France”, plus d’un demi-siècle après la décolonisation ! Or, si la France peut encore — ou à nouveau — agir en Algérie, ce ne peut être qu’à travers ses contacts, c’est-à-dire à travers des représentants du pouvoir dont le FLN est le parti majoritaire.
Et il se trouve, dans la foule des manifestants, des citoyens pour mordre à la mystification d’une guerre d’indépendance qui se poursuit. Alors que, justement, si notre indépendance est inachevée, c’est parce que le système-FLN nous a confisqué notre statut de citoyen libre.  Si donc l’erreur de 1989 est refaite et que le sigle FLN continue à servir la dictature, ce sera l’expression claire de l’échec de la Révolution de Février. C’est parce qu’en 1989, il a pu conserver l’usage malsain de ce sigle que le système a pu survivre au multipartisme. Il s’est même permis de faire des petits pour fabriquer des alliés… venus de l’opposition !
Mieux vaut tard que jamais : il faut délivrer le sigle de la révolution !
 

M. H.
musthammouche@yahoo.fr


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