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contrechamp / ACTUALITÉS

Fuite en avant

Face à un mouvement populaire inflexible dans sa résolution, le pouvoir réagit par une escalade répressive. Cette option s’est confirmée, hier encore, aux dépens des étudiants manifestants qui ont eu à endurer une répression d’une violence inédite ponctuée par des arrestations en nombre.
Le traitement “musclé” appliqué depuis quelques mois à un “hirak” pacifique, outre qu’il ne se justifie point, ne semble pas avoir, non plus, d’effet sur la mobilisation populaire. Les manifestations ne baissent pas en cadence et en intensité. Le mardi, les étudiants recommencent à sortir ailleurs qu’à Alger… Pour un pouvoir qui prépare un rendez-vous électoral à l’enjeu important, la démarche n’est pas psychologiquement et politiquement la plus productive. Il faut avoir renoncé à un minimum de  validation démocratique de cette consultation pour faire ainsi le choix d’une gestion policière d’un mouvement pacifique exprimant des revendications politiques. 
L’autoritarisme du régime ne se lit pas seulement dans la violence infligée aux manifestants et dans la répression judiciaire des militants politiques. Il transparaît dans cette pratique d’interpellation systématique de journalistes couvrant le “hirak”, une pratique qui constitue, pour les professionnels de l’information, une menace permanente sur leur liberté et une forme d’intimidation quotidienne. Cette mise en état de vulnérabilité est une forme de censure qui ne dit pas son nom. Cet arbitraire se manifeste aussi dans la chape de plomb jetée sur les chaînes de radio et de télévision publiques et privées depuis pratiquement le début du mouvement populaire. Malgré les insoumissions individuelles et les protestations collectives, dans les médias publics notamment, le pouvoir s’agrippe à une conception propagandiste des mass media.
On peut se demander à quoi devrait ressembler une campagne électorale pour une présidence de changement dans de telles conditions où la répression sera soutenue par la désinformation. Rien, en effet, ne laisse voir que le pouvoir est en train de préparer un contexte électoral favorable à un vote prévu dans deux mois !
Pourtant c’est justement cette échéance du 12 décembre qui délimite son horizon stratégique. En réduisant le terme de sa perspective à la date 12 décembre. Cette échéance détermine des choix lourds, comme on l’a constaté avec l’avènement précipité de la nouvelle loi sur les hydrocarbures, par exemple. Parce qu’elle répond à des soucis de trésorerie à court terme, le gouvernement n’a pas hésité à se faire consulter par les firmes pétrolières internationales auxquelles il s’adresse. Ici, l’urgence financière a pris le pas sur le principe de souveraineté par ailleurs invoqué à tout propos.
Le principe de l’élection à tout prix n’est-il pas en train d’enfoncer le pouvoir dans une incertaine démarche de fuite en avant ?
 

M. H.
musthammouche@yahoo.fr

 


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