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contrechamp / ACTUALITÉS

Hadjar inaugure les grandes manœuvres !

Par sa réaction à la manifestation historique du 2 mars, ce n’est pas une réponse à proprement parler que le pouvoir a faite au mouvement des Algériens contre le cinquième mandat ; c’est une riposte, au sens stratégique du terme. La décision prise, hier, par le ministre de l’Enseignement supérieur d’avancer le début des vacances universitaires à aujourd’hui dimanche 10 mars et de les prolonger de deux semaines (!) traduit la véritable attitude du pouvoir face au soulèvement national pacifique pour la fin du régime.
Devant l’affluence hors norme à la marche du 8 mars, le pouvoir a compris que le discours de la peur et du chaos, mâtiné de cyniques déclarations de sympathie pour le pacificisme des manifestations, n’a pas réussi à émousser la mobilisation des Algériens. Il a donc fait le choix tactique nouveau de manœuvrer dans le sens d’un affaiblissement du mouvement. Au lieu de se mettre sur le mode interactif, il s’est mis sur le mode
offensif.
Même pour cause de guerre, il aurait été irresponsable de stopper brutalement l’activité universitaire et de fermer ainsi, en vingt-quatre heures, en plein week-end, une institution qui abrite l’activité et l’accueil de deux millions d’étudiants et des dizaines de milliers d’enseignants et autres personnels ! Au plus fort du terrorisme, l’État n’avait pas recouru à de tels extrêmes.
Cette approche policière d’une situation politique est tout à fait conforme à la culture du système : s’il y a une remise en cause du régime, c’est que, de son point de vue, la société n’est pas suffisamment entravée et que l’expression citoyenne et divergente y est devenue possible. Il faut donc démanteler cette harmonie sociale qui rend possible un comportement homogène de la société. Attendons-nous donc à des mesures de blocage et de répression visant à étouffer la voix commune. Le risque est que la tentation autoritariste qui se profile vienne remettre en cause une sérénité nationale que le peuple entretient à son corps défendant. Les jours de manifestations, on lui ferme les routes, on lui torture les itinéraires, on lui suspend les transports publics… et il s’accommode aimablement de tous ces blocages, son seul souci étant de partager l’assentiment national pour le départ du régime.
Un régime qui, en dépit de l’évidence, ne veut pas voir ce plébiscite contre lui et la résolution avec laquelle les Algériens comptent le concrétiser. Ce faisant, il se trompe lourdement sur la nature du mouvement en cours : il croit qu’il est question d’une éphémère manifestation de ras-le-bol, alors qu’il s’agit d’un profond souffle d’indignation. C’est même ce sentiment de recouvrement d’une dignité trop longtemps bafouée et ravalée qui explique la nature exemplaire de ces marches : calme, convivialité, créativité, festivité, fraternité… tout ce qu’on leur a désappris en leur enseignant les vertus de la haine et de la peur, les deux mamelles de la division qui permettent au pouvoir de nous illusionner de son rôle d’arbitraire et de protecteur d’une famille déchirée.
On ne peut plus manipuler un peuple qui a définitivement décidé de valoir plus que du cachir.  Et encourir un gros risque à vouloir l’en dissuader avec ce genre de manœuvres, qui tiennent autant de la maladresse que du ridicule.


M. H.


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