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contrechamp / ACTUALITÉS

Huis clos

Ce n’est pas une option ; c’est une bataille pour un report de l’élection présidentielle qui vient d’éclater. 

Il reste à en découvrir la finalité que lui fixent ses promoteurs. Pour l’heure, le MSP et le ministre qu’il n’a pas pu récupérer après son passage au gouvernement sont seuls à porter le projet, même si, comme il le formule, “aucun parti ne s’est opposé à la proposition”. Il reste qu’aucun parti n’y a adhéré, non plus. À moins que les autres initiateurs et soutiens ne se cachent en attendant on ne sait quoi.
C’est la première fois, depuis qu’elle s’est constituée dans sa composition actuelle, que l’Alliance présidentielle ne parle pas de la même voix à propos de l’avenir du Président : on trouve, dans sa communication globale, du “5e mandat”, de la vague “continuité”, de l’“attendons voir” et du “report”. Ce qui veut dire que le facteur essentiel d’homogénéisation du discours et de la perspective parmi la coalition ne fonctionne plus. Pourtant, dans son message à la conférence gouvernement-walis, Bouteflika a bien proclamé que “les enjeux du présent et de l’avenir” ne se réduisent pas “au changement et à la succession des responsables et des personnes”, mais il n’a pas couronné et explicité sa déclaration en annonçant sa “candidature”. “Ils ne se réduisent pas à cela” ne veut pas dire que “cela” est exclu !
Alors, les uns insistent pour qu’il se détermine et les autres attendent qu’il le fasse, voire lui proposent de l’accompagner à la sortie. Sans savoir pour combien de temps. Avouons que la situation est lunaire. On le sait, ce pays ne veut ni du développement ni de la démocratie, parce que tous ceux qui accèdent au pouvoir ou sont un jour sur le point d’y accéder veulent du pouvoir et de l’argent. Qu’ils y parviennent en char, par cooptation tribale, en se vendant ou à dos de militants. Le peuple, la patrie… ce sont d’utiles abstractions servant de prétextes à leurs activités d’accaparement et de détournement.
Dans cette entreprise de pillage, les castes se renversent l’une l’autre, se succèdent, s’allient, s’affrontent. Et, entre deux batailles, la stabilité n’est jamais que la stabilité du plus fort. Quand un clan est en difficulté, ou qu’il est fortement contesté, s’ouvre une nouvelle période de confusion, prélude à une restructuration clanique du pouvoir. Le jeu institutionnel n’est là que pour couvrir, à l’intention du regard extérieur, le jeu de rapport de force qui, en vérité, organise les équilibres politiques nationaux. D’ailleurs, quand l’urgence tactique le commande, et même au plus fort du formalisme républicain, on ne s’embarrasse pas de violer la règle constitutionnelle, comme on vient de le faire en organisant un putsch contre le président de l’APN.
Si, en circonstance, le pouvoir et les supposés partenaires du pouvoir s’adonnent à une communication sibylline, c’est parce que le premier préfère toujours jouer le match à huis clos pour que le citoyen n’apprenne pas à se mêler de ce qui le regarde et parce que les seconds ne sont pas plus informés que les citoyens ! Ils écoutent aux portes, formulent des pronostics, cherchent les postures les plus rentables et les adoptent.  
Et le gagnant viendra nous annoncer le résultat. Celui qui convient au peuple et à la patrie, bien sûr.


M. H.


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