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contrechamp / ACTUALITÉS

Intégrisme et humanisme


En cette prometteuse veille d’Aïd, on ne sait si c’est la force de conviction ou la perspective de savoureuses agapes qui ont fait que l’attachement au “sacrifice” l’ait emporté sur le principe de précaution sanitaire. 

Finalement, et en dépit de la situation épidémique, nous avons opté pour vivre, demain, un Aïd ordinaire. Ou presque. Presque, parce que du fait de quelques difficultés, de déplacement  notamment, nous aurons du mal à étaler, comme on le fait d’ordinaire les jours de fêtes religieuses, l’expression de notre piété dans les diverses déclinaisons : 
tenue de rigueur, déférences verbales, distribution de vœux et embrassades.
Mais plus que jamais, le côté festif de cet Aïd aura quelque chose d’inconvenant. On ne manquera pas, en effet, de penser aux personnes, de plus en plus nombreuses, qui luttent contre un virus meurtrier, dans des conditions pas toujours adaptées, et aux personnels épuisés qui luttent pour les sauver, dans les mêmes conditions. 
Le véritable sacrifice aurait peut-être été de faire ce qu’il faut pour ne pas en rajouter à une situation déjà difficile ; se retenir de tout mouvement et de tout contact non indispensable. Mais d’autres motivations, religieuses ou psychologiques, qu’importe, ont voulu qu’il en soit autrement et que de nombreux Algériens choisissent de se conformer au traditionnel cérémonial de l’égorgement et, peut-être, des réunions familiales. 
L’uniformisation progressive de la pratique cultuelle, jusque dans les détails de la tenue, de l’attitude, du langage, etc. a fini par éradiquer le jugement individuel. Le fidèle a besoin d’une fetwa pour tout. Et quand il l’a, il n’y déroge que par le pouvoir d’une autre fetwa. 
Jadis, dans presque une autre vie, il n’y avait pas l’étau de l’islamisme, conscience tutélaire qui, désormais, règle l’expression forcée, codifiée et uniformisée de notre foi et de notre piété. En un mot, dans l’esprit du croyant, il y avait plus de place pour le libre arbitre. À partir d’une époque, somme toute récente, la société fut progressivement soumise à un mouvement de normalisation dévote. Dans la nouvelle règle, aujourd’hui largement adoptée, la conduite commune est normée, jusque dans les formules d’incantation. D’ailleurs, c’est la place prise par la piété verbale qui a abouti à ce que la relation sociale ait lentement perdu de sa consistance, se transformant en un échange oral abondant et codifié que nous entendons tout le temps et partout.
Le citoyen, aujourd’hui, entièrement soumis à la référence islamiste, n’a plus de vie religieuse ; sa vie est réglée par des codes édictés par une autorité religieuse, diffuse, disséminée dans les institutions et la société. Courant religieux et institutions se disputent d’ailleurs ce pouvoir d’orientation de notre comportement social.
Cette discipline, parce qu’elle a plus une fonction d’uniformisation que d’élévation, nous empêche d’exprimer nos vertus individuelles, humaines. C’est une des plus maléfiques conséquences de l’islamisme quand il régente une société : à mesure qu’il la standardise, il la déshumanise. 

M. H.
musthammouche@yahoo.fr


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