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contrechamp / ACTUALITÉS

Intérim et transition

Tout se passe comme si le général Gaïd Salah, en aiguillonnant la justice, espérait couvrir la nouvelle impasse politique qu’il a créée par un emballement judiciaire rédempteur.
Et tout laisse croire qu’il est tenté par une alternance maison, comme il est de tradition dans le système d’en improviser une à chaque crise.
D’abord, jamais une justice n’a réussi sa mission quand elle y consacre ainsi une “campagne” enclenchée, qui plus est, sous l’impulsion du pouvoir politique du moment. Car les effets bénéfiques d’une justice rigoureuse se ressentent à long terme, lorsque celle-ci s’impose, en toute autonomie, dans la durée et sur la base de la seule autorité de la loi. Dès qu’elle a besoin d’une tutelle politique, même bien intentionnée, c’est qu’elle n’est pas en capacité d’agir dans l’indépendance qui assure son impartialité. Et donc son efficacité.
Dans cette étrange précipitation, les choses ont été tout de même séquencées de sorte à ce que Rebrab précède les Kouninef à la prison. On aurait voulu créer l’amalgame qu’on n’aurait pas fait mieux : le message est que ce sont des procès de malversations, mais ce n’est pas “le” procès d’un régime de malversation ; la preuve, c’est qu’on y magouille indépendamment de son rapport au régime ! Ou alors qu’on y magouille parce qu’on a le parapluie d’un clan ou d’un autre.
Le clan parti, neutralisé, enfermé, la question politique soulevée par les Algériens est réglée. Il ne reste qu’à continuer à juger les corrompus et corrupteurs. “Après tout ce qui a été fait”, il ne reste qu’à poursuivre la “transition” constitutionnelle que conduira Bensalah en laissant le soin au président qui sera élu le 4 juillet d’exaucer les revendications du mouvement populaire.
D’où le procès, dans le discours d’hier, de “certaines voix appelant à l’entêtement et l’acharnement à maintenir les mêmes positions préétablies, sans tenir compte de tout ce qui a été réalisé” et de l’agacement du général devant “le rejet de toutes les initiatives et le boycott de toutes les démarches, y compris l’initiative de dialogue qui est censé être un des mécanismes civilisés qu’il y a lieu de valoriser, notamment dans ces circonstances particulières que vit notre pays” ! Le pouvoir actuel cultive un malentendu : on lui demande de permettre la transition ; il dit qu’il est en train de l’accomplir !
Tout en s’en tenant au processus annoncé par Bensalah — conférence nationale et élection présidentielle —, il met aussi en garde contre “ce phénomène étrange qui consiste en l’incitation à entraver l’action des institutions de l’État et d’empêcher les responsables d’accomplir leurs missions”.
Gaïd Salah, qui en toute occasion assure au peuple que “l’ANP l’accompagnera” dans la réalisation de l’intégralité de ses aspirations, veut maintenant amputer ces revendications de leur substance : la rupture avec le système politique… dans son intégralité. Substance que résume cette formule de “généralisation” qui semble l’irriter, “yetnahaou ga3”, et qui s’exprime à travers le rejet de la présence de responsables sur le terrain.
Ce sera désormais, et en quelque sorte, au peuple d’accompagner le régime dans le passage de gué de trois mois !

 

M. H.
musthammouche@yahoo.fr


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