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contrechamp / ACTUALITÉS

La confusion

Un mouvement de remplacement sans précédent secoue la hiérarchie militaire.
Dans un pays dont la vie politique a toujours été régentée par l’armée, l’opinion commune s’interroge sur le sens de ce remue-ménage. Le chef d’état-major a bien tenté de le rattacher au fait que le pouvoir veuille consacrer “la tradition d’alternance sur les fonctions et les postes de différents échelons”. Cette pirouette ne pouvait pas l’emporter : alors que ce principe de succession ne s’est pas imposé aux fonctions civiles électives dont la vocation est de se plier à la règle d’alternance, il se serait imposé au monde militaire dont ce n’est point la prédilection d’assurer la rotation aux responsabilités !  Les présidents, les députés,
les P/APC, que nous sommes supposés choisir, sont immuables, mais on nous offre, comme compensation, la culture de changement dans les régions, les états-majors et autres centres de décision militaire !
La seule observation à la portée de l’opinion commune, c’est que dans cette institution, comme dans d’autres, ce n’est pas la politique de rajeunissement qui prévaut. Alors de là à y revendiquer l’alternance… Commençons par
les institutions dédiées à la
pratique de la démocratie : Présidence, Assemblées, Conseil constitutionnel…
L’argument rappelle la réplique attribuée à Marie-Antoinette à
qui l’on expliqua, un jour, que le peuple manifestait parce qu’il manquait de pain. “Qu’il mange de la brioche !”, réagit-elle.
Ce qui ajoute à la confusion des événements,  c’est que le mouvement de révocation-nomination a débuté au lendemain de l’éclatement du scandale de la cocaïne, vite fragmenté en affaires de corruption sur fond de combines immobilières, de marché douteux de viande… Et voilà que l’on apprend, de médias généralement bien au fait des cuisines de sérail, que des généraux dégommés des plus hautes responsabilités sont interdits de sortie du territoire et que leurs domiciles font l’objet de perquisitions !
Outre que nous sommes loin d’une mise en œuvre du fameux principe d’alternance, on est en droit de se demander pourquoi ce flou est ainsi entretenu ? Quelle décision relève de la prérogative de destitution et de promotion ? Et quelle autre procède de la mesure disciplinaire ou renvoie à une procédure judiciaire ?
Certes, et nonobstant le principe de présomption d’innocence, tout acte d’assainissement moral de nos institutions est le bienvenu. Et à la bonne heure si la justice recouvre son indépendance et trouve par où commencer. Or, le pays est mité de partout par la prévarication. Et dans ce cas d’une
volonté rédemptrice, la transparence commence par la communication institutionnelle. Et la communication judiciaire en
particulier.
L’expérience de “restructuration” des services de sécurité menée au nom de l’avènement de l’“État civil” n’a pas répandu le sentiment d’une vie politique démilitarisée et “dépolicée”. Un pouvoir qui refuse l’alternance et la remise en cause a besoin de la force brutale pour faire valoir son arbitraire et mener sa répression.
La démocratie seule peut libérer la politique de l’hégémonie militaire et des pratiques policières. Et rendre leur légitimité et leur autorité aux institutions politiques, émanation de la volonté populaire. On n’y est pas encore.


M. H.


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