Scroll To Top
FLASH
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version papier de "Liberté" écrire à : info@liberte-algerie.com

contrechamp / ACTUALITÉS

La démocratie, c’est la justice (2)

“Il n’y a absolument rien qui justifie la mise en détention d’Issad Rebrab. En termes de droit, c’est une infamie. Cela n’a rien à voir avec le droit ou la justice, il s’agit de motivations politiciennes, même pas politiques.” 

Avant que maître Brahimi n’énonce cette observation, il paraissait évident que, dans le contexte politique qui prévaut, l’irruption d’une affaire Cevital, plus significativement d’une affaire Rebrab, tient de l’anomalie. Il fallait un providentiel alignement des planètes pour que, dès le déclenchement des premières poursuites à l’encontre de membres l’oligarchie régnante, son emprisonnement fût intercalé entre l’arrestation des membres les plus représentatifs de l’oligarchie régnante. Indépendamment de la nature des griefs retenus contre lui, ce n’est certainement pas à lui que profite l’amalgame.
Depuis, l’action judiciaire contre des proches et des membres du “cercle présidentiel” s’est accélérée, soutenue par le message tacite que l’opération tend à satisfaire une des exigences du peuple insurgé : que ceux qui ont abusé de leur pouvoir pour opprimer le citoyen et pour accaparer les richesses publiques rendent des comptes.
Mais tout cela se passe sans que l’opinion, qui est en droit d’être informée des tenants et des aboutissants de ces procédures, ne soit préalablement éclairée sur la méthode de “sélection” des affaires à traiter et sur la manière dont ce processus, qui devra être long, laborieux et sensible, va être séquencé. On ne peut pas improviser un rôle pour une phase judiciaire qui se penchera sur les méfaits de vingt ans de gestion politique et économique du pays. Il faudrait surtout se méfier de la tentation dangereuse de substituer les procès de quelques pontes du régime, fussent-ils les plus en vue, au procès du régime, nécessaire pour que le pays puisse repartir de l’avant.
Étrangement, avec le début de la “judiciarisation” de la réponse à la demande populaire de changement politique, les magistrats, du moins ceux qui sont déjà sortis battre le pavé quelques samedis pour imposer leur indépendance, ne manifestent plus. De ce côté, les signes de renaissance judiciaire qu’on croyait voir se sont vite estompés. Pourtant, on ne peut pourtant pas dire que leurs doléances ont été satisfaites. L’institution a-t-elle a été vite normalisée et la justice renvoyée, en raison d’on ne sait quelle nouvelle donne, à la fonction ustensilaire où le système l’a toujours confinée ? 
Il faut dire que les magistrats insurgés ont fait  illusion grâce aux nombreux avocats qui, lors des rassemblements, venaient grossir leurs rangs. Sans cela, leur hésitation à se démarquer du régime aurait été plus nettement constatée. Et aujourd’hui, on observe comme une soudaine suspension de la timide revendication d’indépendance des magistrats. Pourquoi le pouvoir judiciaire, après avoir en partie tenté un sursaut libérateur dans la foulée du mouvement populaire, semble s’être à nouveau livré à l’autorité politique, juste au moment où s’engageait une avalanche d’interpellations, auditions et incarcérations de personnages-clés du régime ?
Ce n’est pas dans ces conditions que l’on peut espérer la salutaire réhabilition nationale par la justice que le peuple attend.


M. H.

musthammouche@yahoo.fr


Publier votre réaction

Nos articles sont ouverts aux commentaires. Chaque abonné peut y participer dans tous nos contenus et dans l'espace réservé. Nous précisons à nos lecteurs que nous modérons les commentaires pour éviter certains abus et dérives et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à notre charte d'utilisation.

RÉAGIR AVEC MON COMPTE

Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ? VALIDER