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contrechamp / ACTUALITÉS

La fuite en avant

Les réserves de change diminuent ; la planche à billets est plus intensément sollicitée ; le marché du pétrole se fait versatile ; les travailleurs du secteur public réagissent à la compression du pouvoir d’achat ; le chômage et le désespoir qui jettent les jeunes à la mer…
Et que fait la classe politique, celle qui est intégrée au système de pouvoir et celle qui attend son entrée en cour ? Elle s’acharne à chercher le moyen de contourner le problème de l’incapacité physique de Bouteflika pour pouvoir prolonger l’emprise du système Bouteflika. Les futés compères de la congélation institutionnelle rivalisent donc, en ce moment, d’“initiatives” parapolitiques qui auraient pour résultat d’annuler l’effet de la maladie du Président sur leur “stabilité” ! L’unique stimulant qui peut animer la vie politique nationale et aiguiser l’imagination de ses acteurs, c’est le putsch, qu’il serve à s’agripper au pouvoir ou à s’en emparer. Il faut penser à cadenasser la porte de l’Assemblée nationale ou à faire démissionner un chef de parti qu’on veut déposer le jour même où il aurait subi une attaque
cardiaque !
Malgré le contexte de dépérissement socioéconomique évoqué plus haut, le pouvoir continue à s’enfermer dans une vie parallèle sans rapport avec la vie nationale réelle, celle faite d’échec scolaire, de chômage endémique, de panne économique, de détérioration du pouvoir d’achat, de grognes corporatives, de déchaînement migratoire… Ainsi, s’acquitte-t-il de toute responsabilité dans la “harga” rien qu’en pénalisant l’acte de migration clandestine. C’est bien plus pratique de le réduire à un problème de délinquance ; cela dispense le gouvernement de lui appliquer le traitement politique qu’un tel fléau mérite.
Ce n’est pas le moment, pour un pouvoir occupé à concevoir l’engineering de son auto-succession, de se pencher sur les problèmes de la société. Aux temps prospères, il se contentait de les traiter par une espèce de gestion par la dépense. Cette politique sociale à base rentière a fait qu’à la première crise de recettes pétrolières, le citoyen a vu son niveau de vie commencer à dégringoler. Durant quinze ans, le régime s’était politiquement approprié l’avantage du populisme rentier, dissimulant son inefficacité socioéconomique structurelle derrière une insouciante prodigalité.
Aujourd’hui qu’il est confronté aux limites de son système, la planche à billets lui sert de planche de salut. Et, après avoir un temps rassuré sur l’usage parcimonieux de cet instrument à risque, voici que, dans un souci de survie à tout prix, il se met à en abuser.
Tout est ajourné : les problèmes du sous-investissement économique, de l’endettement, de la régression sociale… Et en ajournant des questions comme celle des subventions, celles-ci iront nécessairement en s’aggravant.
Cette démarche sert une dangereuse option : conserver le pouvoir en adoptant la stratégie aventureuse de la fuite en avant.


M. H.


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