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contrechamp / ACTUALITÉS

La présidentielle, antidote de la rupture

Le secrétaire général de la Présidence a publié une “interview” pour expliquer le rejet de l’option de transition par le pouvoir et son attachement à une élection présidentielle. Sa crainte est de voir la Constitution “mise entre parenthèses”, que s’y substituent “des entités sui generis autoproclamées, agissant en dehors de tout cadre juridique et institutionnel” et que soit institué “un système de cooptation de ceux qui sont appelés à conduire la transition, dépourvu de toute légitimité, de tout ancrage juridique et qui fonctionnerait sans règles définies et, en tout cas, en dehors des lois de la République (…)”. “C’est en réalité un ‘pouvoir de fait’, improvisé, soumis aux aléas de rapports de forces fluctuants et qui ouvrirait la voie à l’anarchie et à l’aventurisme, ainsi qu’aux ingérences de toutes sortes avec ce qu’elles comportent comme périls et menaces pour la sécurité de l’État dans un contexte géopolitique perturbé et hostile.” 
On croit l’entendre parler du régime qui sévit depuis 1999.
La Constitution n’était pas mise “entre parenthèses” mais elle était maniable et corvéable à merci, selon l’arbitraire qu’elle devait justifier. Vingt ans durant, cette Constitution modulable à souhait a justifié — pour la forme, parce que le peuple n’était pas dupe — un “système de cooptation” qui, dans ce cas, légitimait ses choix par des élections frauduleuses et un “pouvoir de fait” évoluant “au gré des forces fluctuantes” et qui a mené le pays “à l’anarchie et à l’aventurisme”, ainsi qu’aux ingérences que l’on sait aujourd’hui ! Il vaut mieux pas de Constitution du tout et une autorité composée de personnes à la crédibilité et à l’esprit de responsabilité reconnus qu’une Constitution manipulée ou interprétée selon le bon plaisir du pouvoir établi.
L’appréhension suscitée par “un système de cooptation de ceux qui sont appelés à conduire la transition”, dépourvu de “légitimité” et d’“ancrage juridique” et “qui fonctionnerait (…) en dehors des lois de la République (…)”, a quelque chose de surprenant. Et c’est à partir de ce qui reste du régime qui a privatisé la République et fait un usage mafieux de ses sceaux que cette mise en garde est formulée ! Si l’on entend bien la revendication populaire, les Algériens se sont soulevés, pacifiquement et dans la durée, pour obtenir le droit de se donner enfin une République qui assume leur souveraineté de citoyens, pas pour se soumettre à un ordre conçu pour leur enchaînement et pour le pillage de leurs richesses communes.
Quand le secrétaire général de la Présidence évoque “ceux qui” défendent l’option d’une “transition constituante”, il semble faire fi du fait que “ceux qui” demandent la remise à plat, tant redoutée, de l’ordre établi, c’est un mouvement populaire. Et ce mouvement exprime clairement sa demande de transition pour la rupture. Par le slogan, vu que le pouvoir lui interdit les réunions de débat public, en interdisant les réunions citoyennes, et l’expression médiatique, en verrouillant les télévisions.  C’est “le processus intérimaire” qui constitue une contreproposition politique partisane venant du pouvoir et adoptée par certaines forces politiques et sociales. Il restera à en convaincre le peuple qui manifeste.
 

M. H.
musthammouche@yahoo.fr 


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