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contrechamp / ACTUALITÉS

La question du système

“La candidature d’Abdelmadjid Tebboune à la présidentielle du 12 décembre signifie un cinquième mandat sous un autre nom”, a déclaré Ali Benflis. Il aurait pu ajouter que la sienne avait la même signification avant que Tebboune ne vienne lui arracher le statut de “candidat du système”. 
Benflis aurait même pu résumer la problématique électorale telle qu’elle se présente aujourd’hui : toute élection organisée sous les auspices du régime revient à une relance du processus pour le cinquième mandat “sous un autre nom”, comme il dit.
Les Algériens le savent ; et ils observent l’insistance du pouvoir à relancer le processus électoral enrayé par le hirak en février dernier. D’ailleurs, et comme pour illustrer son advertance, le peuple manifestant a opportunément ressorti, en ce trente-deuxième vendredi de mobilisation, le slogan inaugural de son mouvement : “Pas de cinquième mandat !”
Alors que les marches contre l’élection de décembre redoublent d’ampleur, le sérail s’active autour du projet électoral et les prétendants s’observent, jaugent les intentions du pouvoir, s’affichent ou font un premier pas… Le pouvoir essaie de composer, autour de son poulain, un attelage de candidatures “crédibles”. Mais pour l’heure, il ne les recrute que parmi les vétérans du système. Jusqu’ici, et malgré l’avènement du multipartisme il y a trente ans, il n’a jamais eu de difficultés à aligner des concurrents qui font illusion auprès de leurs bases électorales respectives, même si la participation a été généralement marginale. Il y en avait même qui se déclaraient, malgré le contexte et sans sourire, comme candidats “antisystème”… Ainsi, trente ans de vie publique “démocratique”, loin de menacer la prospérité du système, y ont plutôt contribué. Ce qui l’a — peut-être — perdu, c’est l’absence de règles de succession dans le système, l’obligeant, cette fois-ci, à trop temporiser et à abuser de la patience du peuple au-delà du supportable. 
Ce n’est pas ce qui nous tenait lieu de vie politique sous Bouteflika qui a empêché le cinquième mandat, mais le soulèvement populaire pacifique d’un peuple qu’on a trop sous-estimé, un peuple qui, dans sa révolte, ne s’est alors embarrassé d’aucun encadrement d’aucune nature. Et ne s’en embarrasse toujours pas d’ailleurs. 
C’est aussi ce mouvement populaire qui a tracé la ligne de contradiction fondamentale définissant l’enjeu politique national : celle-ci sépare la perspective de pérennisation du système de celle de son remplacement. Cette ligne de démarcation entre statu quo et évolution est certainement déterminante dans la décision des candidats potentiels qu’offre la scène publique dans son état actuel. La question du système s’est d’emblée posée aux Algériens entrés en guerre pour leur indépendance. On l’a cru résolue par le Congrès du 20 Août 1956, mais c’est “le coup d’État permanent” qui s’est finalement imposé au peuple et au pays. Durablement.
Si elle n’est pas résolue aujourd’hui qu’elle se repose, ce ne sera plus le “coup d’État permanent”, mais la crise permanente. Parce que la différence avec 1956, c’est que cette fois-ci, c’est le peuple qui pose la question.
 

M. H.
musthammouche@yahoo.fr


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