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contrechamp / ACTUALITÉS

La victoire… et le combat continue

Une bonne nouvelle est venue illuminer la journée d’hier : Hadj Ghermoul est sorti de prison. Sorti de prison, pas libéré, comme l’ont laissé croire certaines “sources”. Une injustice consommée. Car ce militant du pays profond a enduré six mois de réclusion pour avoir peint ce slogan “Non au cinquième mandat” sur un carton avant de se prendre en photo avec son écriteau et de publier l’image sur sa page Facebook. Le même slogan que nous fûmes des millions à brandir après lui, le 22 mars, puis le 1er avril. Son tort est d’avoir été le premier à le faire. Le blasphème n’existe pas dans l’absolu ; il ne l’est que si on est le premier à désacraliser un tabou. Aujourd’hui, cela paraît anodin de dénoncer le cinquième mandat. Mais en janvier passé, alors que tout un État, avec ses démembrements institutionnels et territoriaux, soutenu par des essaims d’opportunistes de tout poil, dont certains sont depuis devenus “hirakistes”, était mobilisé pour que Bouteflika reste l’auguste et éternel sauveur, il fallait oser défier la menace publique du châtiment. Et dans les années qui précédèrent, il fallait oser s’opposer aux premier, deuxième, troisième, quatrième mandats et aux viols cumulés de la Constitution ! D’ailleurs, même si les événements ont réhabilité Hadj Ghermoul dans son combat, le jeune militant a été maintenu en détention, figurant la preuve vivante que, si Bouteflika a été déposé, ses principaux complices arrêtés et l’élection annulée, le “régime du cinquième mandat” est toujours en place, hostile à l’Algérie de la démocratie et des droits de l’Homme. Son sacrifice figure aussi ce fait historique que la revendication démocratique a commencé le 22 février et nous prévient contre le risque de tomber dans le travers des nouveaux “novembristes” qui veulent faire accroire que l’Histoire de l’Algérie a commencé en 1954 et s’est arrêtée en 1962 ! Avant même l’indépendance, des patriotes ont été assassinés pour que puisse s’imposer le système que notre mouvement s’attelle aujourd’hui à démanteler.
L’autre bonne nouvelle vient des manifestations d’avant-hier. Les marches du vingt-deuxième vendredi, sous canicule, ont duré jusqu’au début du match de finale de la Coupe d’Afrique des nations. L’antidote à l’engagement des citoyens pour leur révolution n’a décidément pas encore été découvert. N’est-ce pas une gageure pour ces milliers d’Algériens que de battre le pavé durant un après-midi et de sortir à nouveau, le soir même, pour fêter la victoire de leur équipe nationale ? Les performances sportives restent un enjeu politique. Le pouvoir a déroulé le tapis rouge à notre glorieuse délégation tout en retransmettant une bonne partie de l’événement en mode “mute”, mariant ainsi la jubilation débridée et la censure absolue. Mais on ne va pas bouder notre plaisir parce que le pouvoir ne s’est toujours pas délivré de ses réflexes despotiques. Apprécions que le jeune public ne soit finalement plus dupe du piège manipulatoire dont le pouvoir mine sa passion et de l’exploitation politicienne de son patriotisme sportif.
N’est-ce pas un signe du destin qu’en plein mouvement populaire, alors que le pouvoir réprime les manifestations et pénalise la liberté d’opinion, le pays réussisse un tel exploit ?
 

M. H.
musthammouche@yahoo.fr
 


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