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contrechamp / ACTUALITÉS

L’aventure contre la révolution

Le pouvoir avance au pas de charge vers l’élection présidentielle. Non pas qu’il ait vérifié quelque consensus autour de cette option, mais parce qu’il a pris acte de l’irréductibilité de l’essence révolutionnaire du mouvement populaire et de l’impossibilité de le réduire ou de le détourner.
Devant l’échec des stratégies d’usure, d’étouffement médiatique, d’intimidation judiciaire et de polarisation idéologique, il a préféré faire abstraction de la revendication populaire pour une transition de rupture et mettre en œuvre, sans plus tarder, sa feuille de route pour “une élection présidentielle dans les plus brefs délais”.
Le régime ne pouvait faire plus longtemps mine d’”accompagner” le “hirak” en s’attelant en même temps à mettre en place les conditions d’un passage en force : militants emprisonnés, marches pressurées, médias lourds censurés, vie politique suspendue… 
Le verrouillage politique est tel qu’hier, à l’heure même où la commission Karim Younes remettait son rapport au président Bensalah, les partis et associations de “l’alternative démocratique” prenaient connaissance du refus de la wilaya d’autoriser leur réunion programmée pour aujourd’hui. En fait, le régime a, depuis quelques semaines, réduit la vie publique légale aux seules activités du panel. C’est l’unique “mesure d’accompagnement” effectivement consentie à l’instance de “dialogue” : le monopole de la scène. 
à lui seul, ce contexte d’exclusivité disqualifie un “dialogue” qui est censé renforcer la légitimité de l’option constitutionnelle. Une “caution” dérisoire et de pure forme pour une option préalablement tranchée dans son principe, à telle enseigne que pouvoir et panel ont hâte d’en abréger le processus. L’instance a même renoncé à la conférence nationale de clôture, justifiant cette précipitation par son désir de ne pas   “provoquer des confrontations de débats inutiles et une perte de temps pour la concrétisation de la démarche consensuelle”, et pour la mise en place des conditions d’une démarche consensuelle ou à défaut, majoritaire !
Le pouvoir a les moyens techniques et tactiques de se donner une majorité. Les mêmes que ceux du régime contesté et dont un de ses symboles a été déposé. Les personnels politiques du régime, ceux qui s’étaient déjà engagés dans la campagne pour le cinquième mandat avant que la vague insurrectionnelle pacifique ne vienne contrarier leur projet antinational et les contraindre à raser les murs, sont toujours là, à l’affût d’un signe pour rallier le mouvement de restauration. Il suffira d’un geste du pouvoir en place pour susciter la ruée contre-révolutionnaire. D’ailleurs, ces forces mafieuses ne manquent pas de gesticuler leur appui à chaque fois que le discours officiel s’en prend aux partisans de la rupture, devenus, pour la circonstance politique, des “traîtres” et des “serviteurs” de la bande. Et c’est à ceux-là que le peuple aura affaire quand il s’agira de confronter leur revendication qu’il porte depuis le 22 février à la contre-offensive anti-hirak qui se met en marche. 
La vraie question concerne désormais les fondements politiques qui ont présidé au choix fait de porter la contradiction à la lame de fond révolutionnaire qui secoue le pays en entier et qu’on ne peut pas ne pas percevoir.
 

M. H.
musthammouche@yahoo.fr


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