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contrechamp / ACTUALITÉS

Le FLN et la corruption électorale

“Les pratiques de la ‘chkara’ n’auront pas droit de cité dans nos rangs”, a prévenu Ould Abbes, évoquant les prochaines élections pour le renouvellement des membres du Conseil de la nation. Entendre que les places ne se vendront pas pour le renouvellement de la moitié de la Chambre haute, à la fin de l’année. Nul ne pourra prétendre à une candidature “s’il n’a le soutien de la base”, a-t-il précisé.
Le secrétaire général du parti unique sait pourtant combien les traditions ont la vie dure, en particulier lorsqu’elles sont lucratives. Il suffit de se pencher sur la fonction même du FLN pour s’en convaincre : servir d’insigne à un régime qui réprime, dilapide et corrompt pour pouvoir prolonger son activité prévaricatrice. A-t-on demandé à la base du FLN originel, sa base historique, l’autorisation d’utiliser son sigle sacré dans la pseudo-légitimation d’un système né d’un coup de force et dans une entreprise de détournement à durée illimitée ?

Quelle “base” peut s’opposer au pouvoir de l’argent ? Une base que les dirigeants attirent en lui exposant leurs propres butins prébendiers ? Oui, c’est bien cela l’argument du recrutement politique et la pédagogie de l’engagement militant !
D’ailleurs, dans le cas des sénatoriales, “la base” peut toujours choisir son candidat : ce n’est pas elle qui vote ; ce sont les élus locaux qu’elle a déjà… élus. Et cette élection se passe dans l’intimité de discrets marchandages. Car la culture du sérail est de tout rendre vénal ; ce n’est pas une culture de compétition autour de projets de société ou de débats de convictions… “Le” programme du Président les a mis tous d’accord pour vingt ans déjà, et ils en redemandent parce qu’il les a libérés de toute réflexion politique et de tout effort militant pour se consacrer à l’activité de prédilection de la “classe” politique : l’affairisme, quand ce n’est pas la déprédation.
Dans la vie courante, les rentiers de la politique ne s’en cachent pas. Et même dans la vie publique, ils se font de moins en moins discrets. Des sénateurs ont bien manifesté à l’intérieur de leur vénérable amphithéâtre pour dénoncer l’arrestation de l’un des leurs en flagrant délit de corruption ! Oui, il s’agit d’élus RND, mais, à part le sigle, le personnel politique du régime partage tout. Même “le programme”, qui n’est d’aucun d’eux, mais du Président : un “pouvoir unique” avec des sigles variés. Avec une représentation symbolique d’une opposition bigarrée, clairsemée, atomique…
Cette réalité est inhérente à la nature du système de pouvoir. C’est l’avidité d’un clan, son intention accaparatrice qui a été à l’origine de son avènement. Il a assuré sa survie en s’appuyant sur la répression physique, d’un côté, et la subornation matérielle, de l’autre. Cette rationalité rentière et autoritaire n’a pas changé en plus d’un demi-siècle d’emprise sur le pays.
Et ce n’est pas une incantation de forme émise par Ould Abbes qui va changer quelque chose à la logique politico-affairiste de ce système. Le jeu de surenchère entre “notables” et affairistes locaux a dû déjà commencer pour désigner ceux à qui c’est le tour d’aller occuper le juteux siège.

M. H.


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