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contrechamp / ACTUALITÉS

Le politique, le militaire et la démocratie

 

Le ministère de la Défense nationale a émis un communiqué dans lequel il dénonce les interventions médiatiques d’officiers à la retraite en général et celle, récente, du général Ghediri en particulier. Le texte s’en prend à ce dernier pour être l’auteur d’une récente “contribution” par laquelle il interpelle directement le président de la République et le chef d’état-major de l’ANP et s’adresse à tous les généraux retraités qui enfreignent la contrainte légale
de silence.
D’un style libre et sur un ton irrité, la déclaration, qui évoque des “cercles occultes”, n’est pas sans rappeler le message adressé par Bouteflika à la conférence des walis et dans lequel il s’attaque aux “cercles de prédateurs et cellules dormantes” et dénonce “les manœuvres politiciennes que nous observons à l’approche de chaque échéance cruciale pour le peuple algérien est la preuve tangible de ces intentions inavouées…”.
En même temps qu’il est censé rappeler la position spécifique de l’armée sur les questions qui entourent la prochaine élection présidentielle, le communiqué émanant du MDN engage aussi
le chef de l’État, ministre de la
Défense.
Voici donc définis le point de vue et l’attitude de la hiérarchie militaire face à la situation créée par l’imminence d’un choix politique décisif. Une attitude consistant à s’en remettre au pouvoir en place, en conformité donc avec le principe de neutralité républicaine de l’armée.
Cette intervention marque une rupture dans les débats, polémiques et spéculations suscités jusqu’ici par la question du cinquième mandat. D’une part, le pouvoir confirme sa crainte de “manœuvres”, réelles ou supposées, et qui seraient le fait de forces qu’il ne nomme pas. D’autre part, le pouvoir a décidé “la continuité” ; il vient de recentrer la position de ses forces politiques formelles. “Nous avons appelé le président Bouteflika à se présenter pour un cinquième mandat et nous attendons sa réponse”, ont déclaré en chœur les chefs des partis de l’alliance. Hier, Ghoul, en se rétractant au sujet de sa proposition de report de l’élection présidentielle, a confirmé l’option du maintien du scrutin. Pourtant, il avait, un temps, proclamé que “l’élection est secondaire devant ce que nous proposons”, sa conférence nationale pour dessiner la perspective politique nationale jusqu’à… 2050 !
Le patron de TAJ semble d’ailleurs se plaire dans cette fonction d’éclaireur en matière de stratégie de pouvoir : pour en revenir au communiqué du MDN, c’est lui qui, le 1er décembre, au lendemain du message du président aux walis, a explicité son contenu agressif, en “révélant” le fait que d’“anciens responsables civils et militaires tentent de déstabiliser l’Algérie à la veille des élections de 2019”.
On n’en est visiblement pas encore à “l’État civil”. On peut spéculer sur les faits, mais on ne peut pas nier la question de la primauté du politique sur le militaire ; on n’en est pas à la séparation du politique du militaire !
Pourquoi ? Parce qu’il n’y a que la démocratie qui peut contraindre à cette séparation des rôles. Et la démocratie, nous n’y sommes pas encore : la preuve en est que les chefs de l’État se sentent encore contraints de se réserver le ministère de la Défense.


M. H.


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