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contrechamp / ACTUALITÉS

Le pouvoir doit l'admettre : c'est une révolution


La meilleure preuve que le régime perdure, c’est que des Algériens sont encore incarcérés pour leurs opinions, qu’il leur arrive encore d’en mourir et que certains d’entre eux sont en danger de mort, pour cause de grève de la faim, de maladie et même de mauvais traitement médical. 
Et pourtant, les motifs pour lesquels ils sont détenus ou condamnés sont parfois ceux-là mêmes qui ont conduit à la destitution de Bouteflika. C’est ce qui fait apparaître le renoncement in extremis au cinquième mandat pour ce qu’il est : une ultime tentative de sauvetage d’un régime condamné par le soulèvement populaire pacifique. Auparavant, le pouvoir avait tenté, souvenons-nous, tous les subterfuges pouvant rendre possible une prorogation, même courte, de son trop long règne. 
Dans les successives formules avancées, Bouteflika et ses clans donnaient la pathétique image d’un régime jusqu’ici aveuglé par la certitude de l’immuabilité de leur emprise sur un peuple définitivement assujetti et qui découvrent, éberlués, la soudaine capacité retrouvée par ce peuple de s’indigner et de se révolter. 
En cela, ils auront refait l’exact cheminement d’illusion-désillusion d’un colonialisme qu’ils sont supposés avoir combattu, pour la plupart !
Mais le 2 avril, le régime n’a pas abdiqué en tant que forme de pouvoir et association de clans et de coteries : prenant au mot le slogan du peuple manifestant, il a juste consenti à annuler le projet de cinquième mandat de son chef de file. Et depuis, le chef d’état-major ne fait que pivoter autour du mouvement populaire, tel un boxeur cherchant la faille de son adversaire, un moment tentant le direct et l’autre le crochet.
Il a d’abord essayé l’intérim constitutionnel ponctué par une élection présidentielle maison. Un peu comme si Bouteflika, enfin repu de pouvoir ou soudain converti au principe d’alternance, avait démissionné de son propre gré et qu’il ne s’agissait pas d’une révolution. Et que les Algériens ont été seulement indisposés par son seul état de santé, la nature et la gestion du régime n’étant pas en cause.
Pourtant, la cascade d’enquêtes ouvertes autour de faits présumés de corruption et la promesse de leur multiplication témoignent de ce que le pouvoir actuel reconnaît dans son régime un versant criminel, au moins un, qui mérite une réparation urgente et appliquée. Qu’importe le niveau de sincérité de cette entreprise d’assainissement, en l’absence de justice indépendante ; l’important est qu’il soit pris acte du caractère prédateur du régime et de la nécessité de demander des comptes aux protagonistes de cette opération de détournement privatif dans la durée de la richesse publique.
L’actualité tragique, marquée par la mort du docteur Fekhar, est venue nous rappeler un autre crime : le viol des droits politiques et humains permanent à l’endroit des citoyens.
Les modalités de transition vers un pouvoir de souveraineté populaire ne peuvent pas être négociées avec les résidus du pouvoir qui vient de boucler ses vingt ans de gestion indélicate et répressive. Le pouvoir ne peut continuer, comme il le fait, à tester indéfiniment la résolution et l’endurance du peuple qui manifeste pour changer d’ordre politique.
Toute évolution politique qualitative nécessite l’évacuation préalable et intégrale du régime.
 

M. H.
musthammouche@yahoo.fr

 


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