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contrechamp / ACTUALITÉS

Le système et… l’acteur


L’Algérie est à la croisée des chemins. Certainement la plus décisive depuis sa libération. Six mois que les Algériens manifestent dans un pacifisme et une assiduité remarquables pour exiger l’abolition du système autoritaire qu’ils subissent depuis l’indépendance et la mise en place d’une république qui les réhabilite dans leur citoyenneté.

Le soulèvement populaire a fait chuter de nombreux symboles du régime prédateur qui, à l’ombre de ce système, saccage le pays depuis vingt ans. Mais ce régime n’entend pas s’effacer pour permettre la mise en œuvre de la rupture “systémique” que le peuple revendique et que la situation requiert. Le pouvoir né de cette recomposition humaine du régime considère que, s’étant débourré de ses éléments supposés les plus nocifs, le régime peut poursuivre son règne. Mieux, il estime salutaire d’assurer une espèce de continuité institutionnelle en s’astreignant aux règles de succession prévues par la Constitution plusieurs fois aménagée au gré des besoins de ce même régime. Les choses devant reprendre leur cours là où elles se sont arrêtées, c’est-à-dire à l’élection présidentielle.
Pour adopter une telle option, il lui fallait réfuter la réalité du mouvement populaire et sa détermination à imposer une rupture effective. Peut-être compte-t-il sur l’usure de l’engagement et sur les effets de la répression et du tripotage politicien. Peut-être que le répit saisonnier dans la mobilisation a aussi encouragé ce calcul.  
En ce 20 août, la commémoration du Congrès de la Soummam survient à un moment où le régime se trouve aux prises avec un peuple ayant enfin à cœur de réhabiliter la perspective républicaine et démocratique lucidement dessinée par les congressistes de 1956. 
La veille, dans son message à la nation, le chef de l’Etat rappelait que “ce Congrès a renforcé la Révolution par un commandement central unifié pour l’organisation et la gestion de la lutte armée, l’unification de l’organisation militaire et la consécration des principes politiques et idéologiques de la lutte armée et des bases de l’organisation de l’Etat”. Mais en se gardant bien d’expliciter ce que sont “ces principes politiques et idéologiques de la lutte armée” et ces “bases de l’organisation de l’Etat” !
Le lendemain, hier, les étudiants, sortis manifester pour le vingt-sixième mardi du “hirak”, l’ont fait pour lui, en martelant le principe phare inscrit dans la Plateforme : “La primauté du politique sur le militaire”.
En refusant de considérer la résolution du peuple, nouvelle certes mais réelle, de se réapproprier sa souveraineté, le pouvoir s’engage dans une fuite en avant à haut risque. Pour que les choses se passent comme il l’a programmé, il faudrait que sa feuille de route recueille effectivement les faveurs de “l’opinion publique” et suscite réellement “l’adhésion et un soutien croissants de la part des acteurs de la scène politique”.
Mais alors qui manifeste régulièrement pour une transition de rupture ? Comment fera-t-il pour ne pas tenir compte du fait que, depuis le 22 février, et à moins de revirement de l’Histoire, il y a le peuple ? Un peuple qui semble décidé à prendre, avec pacificisme mais avec détermination, sa place légitime d’acteur principal de “la scène politique”.
 

M. H.
musthammouche@yahoo.fr


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