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contrechamp / ACTUALITÉS

Le système et ses acteurs

Le RND se prononcera le 4 octobre sur sa participation à l’élection présidentielle du 12 décembre. 
De son côté, le FLN doit d’abord régler la question de succession interne. La prison lui ayant ravi ses deux derniers chefs, il est à la recherche d’un premier responsable potentiellement exempt de tout soupçon de malversation. La tâche s’annonce rude. Surtout que la campagne électorale, même si, dans notre contexte, elle n’influe pas sur le résultat, ne pourra pas faire l’impasse sur les vingt ans de pillage. Or, la fonction essentielle du principal parti “nationaliste” était de couvrir la curée par le lynchage systématique de tous ceux qui se rendaient auteurs d’une dénonciation du saccage en règle des ressources nationales.
Pour l’heure, ce sont des candidats de suppléance, mais des candidats du système tout de même, qui se bousculent au guichet des formulaires. Avec l’espoir secret, chez chacun d’eux, que la défaillance du FLN et du RND lui ouvrira le chemin de la présidence. Une présidence par défaut étant tout à fait envisageable, l’unique souci du pouvoir étant actuellement celui de sauver un système jamais autant menacé dans sa survie.
Si l’on exclut les postulations fantaisistes, devenues coutumières du fait de la déchéance de la chose politique, les premiers à manifester leur intérêt pour l’élection contestée sont des habitués de la figuration. Leur candidature doit être d’autant plus motivée qu’ils voient dans l’empêchement des figures attitrées du régime l’occasion de faire valoir leur passé de lièvres récurrents. 
Ali Benflis et Abdelaziz Belaïd sont déjà dans les starting-blocks, en attendant Belkacem Sahli et Abderrezak Makri qui font semblant de se faire désirer. Le pouvoir n’ayant pas encore révélé son choix, la tentation reste possible pour le plus grand nombre ; il ne faudrait donc pas s’étonner que l’instance de Charfi connaisse un regain de fréquentation dans les prochains jours.
On pourrait croire que la montée en intensité de la mobilisation populaire pour la rupture est faite pour décourager ces opportunismes fondés sur la pérennité du système. Ce serait une erreur parce que, dans la culture du système justement, les convulsions de la société ne sont pas considérées pour ce qu’elles sont : l’expression des aspirations profondes du peuple. Et même quand le message est saisi, il est ignoré, car cette culture fait primer le pouvoir du plus fort sur la volonté du plus grand nombre. C’est toute la différence entre autoritarisme et démocratisme.
Partant de ce trait de culture politique, il est normal que le système — comme ses acteurs — continue de fonctionner dans sa logique propre, dans l’autosuggestion, alors même que c’est l’urgence de son démantèlement qui est en question. 
Cette observation confirme qu’une transition d’un ordre autoritaire à un autre, démocratique, ne peut s’effectuer par une simple relève de personnel. 
À l’issue d’une crise, si le même système perdure, il peut toujours se débarrasser de ses personnels encombrants, sachant qu’il a l’aptitude à les cloner et que les personnels de rechange vont, à leur tour, le ranimer. La rupture politique concerne forcément un système, pas ses opérateurs. 
 

M. H.
musthammouche@yahoo.fr


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