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contrechamp / ACTUALITÉS

L’effet Nekkaz


Une deuxième fois, Rachid Nekkaz vient faire campagne pour la présidentielle et agiter une scène politique aux codes, depuis longtemps, stabilisés.
En 2014, ce “candidat” hors norme avait suscité la curiosité, la méfiance et un peu le ricanement. Abordant la question du pouvoir par le flanc le plus sensible, celui de la moralité, il ne manquait pourtant pas de retenir l’attention, des plus jeunes notamment, mais sans attirer les foules, desservi qu’il était par la modestie de ses moyens organisationnels et par la déficience politique de son discours. Sa propension à adopter l’attitude victimaire, se laissant volontairement malmener par les autorités et les agents de sécurité, donne de lui une image de souffre-douleur consentent qui n’est pas payante aux yeux des quidams. Jusqu’à ce dénouement trouble sur une histoire de paraphes qu’on lui aurait subtilisés juste avant le dépôt de dossier au Conseil constitutionnel.
Dans l’intervalle et jusqu’à cette nouvelle échéance, Nekkaz n’a pas vraiment quitté la scène publique, s’occupant de réaliser et de diffuser des vidéos sur les frasques immobilières, en Europe, des dignitaires du régime.
Le voici revenu, à la faveur de ce cinquième mandat, pour une seconde candidature dans une posture plus offensive qu’il n’en fut il y a cinq ans. Le personnage se distingue toujours par la rusticité de son discours dénué d’éléments programmatiques, sinon l’éradication de la corruption et d’autres fléaux moraux, d’une part, et par la modestie de ses moyens de propagande qui se résument à un téléphone connecté aux réseaux sociaux, d’autre part. Mais, il se distingue aussi par son opiniâtreté. L’expérience, pas très concluante, d’il y a cinq ans ne l’a pas découragé !
Et nous qui ne misions pas un kopeck sur le “sérieux” de ses prétentions, nous sommes bien obligés de constater, disons, sa popularité. Parce qu’on ignore, pour l’heure, si celle-ci est en train de se transformer en moisson de signatures et si elle va se traduire, dans l’éventualité de sa candidature, en votes. Nonobstant la conformité de cette candidature qui semble poser problème, facilitant la tâche de son éventuelle disqualification.
Mais si sa campagne paraît plus agressive et plus attractive, c’est moins parce qu’il s’est amélioré aux plans politique et communicationnel que parce que, pour ce nouveau rendez-vous, “l’ambiance” et le “public” ont changé. Depuis l’annonce de la candidature de Bouteflika, l’idée de rejet du cinquième mandat s’est rapidement répandue parmi la jeunesse, gagnant ensuite la société, toutes catégories confondues. Les foules de jeunes, en plus de refuser le cinquième mandat, refusent la façon dont se passent ces élections où tout est entendu : la manière des candidats d’aller à la rencontre des électeurs, de les aborder, de leur parler… jusqu’aux résultats, prévisibles.
Nekkaz n’est pas de ces candidats de l’establishment qui reviennent, presque les mêmes, faire les figurants à chaque représentation électorale et qui s’efforcent de communiquer avec le pouvoir et même de ressembler au personnel de ce pouvoir. C’est un exclu du système global que même les “opposants” ne fréquentent pas… comme eux. Ces jeunes sont de plus en plus nombreux à se reconnaître en lui. Jusqu’à quel point ?


M. H.


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