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contrechamp / ACTUALITÉS

Législation et transition

Le Conseil des ministres a validé, hier, le projet  de loi de finances pour 2020 et celui sur les hydrocarbures. Durant cette même journée, des milliers de citoyens ont manifesté à Alger, devant l’Assemblée populaire nationale, et dans d’autres villes du pays contre le nouveau texte régissant l’exploitation des ressources énergétiques.
Non loin des manifestations, au Forum d’El Moudjahid, le directeur des énergies au ministère de  l’Énergie expliquait à l’opinion que “le partenariat avec l’étranger devient aujourd’hui une nécessité incontournable” et que “la loi sur les hydrocarbures datant de 2013 doit être révisée” parce que, depuis sa promulgation, “nous n’avons signé que quatre gros contrats”.
Ces faits du jour illustrent la totale divergence de perspective entre, d’un côté, un pouvoir enlisé dans une pratique de gouvernement obsolète et agrippé, comme à une planche de salut, à sa rigide feuille de route et, de l’autre, des foules qui appellent à la réorientation du projet national. La protestation se prolonge, sans écho ; et la fuite en avant se poursuit, éperdue.
Le même jour, le gouvernement a délégué un directeur pour convaincre l’opinion nationale de la “nécessité de la nouvelle loi sur les hydrocarbures” pour pouvoir signer plus de contrats avec les firmes spécialisées. Mais cette opinion, celle qui s’engage aujourd’hui pour le changement de système, n’en est plus à une problématique de comptabilité économique, surtout pas celle qui, jusqu’ici, a guidé la gouvernance du pays : celle de savoir comment engranger de l’argent pour pouvoir en dépenser. Ayant définitivement désespéré de la crédibilité du régime, elle ne voit pas l’intérêt de le voir vendre plus de pétrole.
Le reproche a été fait à ces manifestants de rejeter un texte que beaucoup n’ont pas étudié ou même lu. Justement, aux yeux de l’opinion globale, la question ne se pose plus quant à la qualité des décisions du gouvernement ; celle qui se pose est relative à la confiance. Et celle-ci a été résolue sous forme de mouvement pour la rupture avec le régime en place et même avec tout le système qui a permis à ce régime de se former et de sévir. 
Au demeurant, dans cette affaire de loi sur les hydrocarbures, il crée lui-même la raison du doute. Et des experts ont relevé le paradoxe : puisque le pouvoir actuel prépare l’avènement, dans moins de deux mois, d’une autorité jouissant d’une légitimité électorale, pourquoi s’empresse-t-il à faire passer une loi déterminante pour les conditions de gestion du futur exécutif ? 
Ici, comme dans d’autres domaines — les langues de  l’université, la politique monétaire… —, le glissement d’une vocation de gouvernement des affaires courantes à une pratique de la décision stratégique constitue une évolution politique qui ne passe pas inaperçue. 
Alors que la solution électorale suscite le rejet des citoyens mobilisés pour une rupture systémique, voilà qu’on renforce leur appréhension par ce fait que l’intérim se préoccupe de prospective !
 

M. H.
musthammouche@yahoo.fr


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