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contrechamp / ACTUALITÉS

L’enjeu et la méthode

La montée en intensité de l’action répressive confirme l’option irréfutable du pouvoir pour la relance du processus électoral constitutionnel. 

Au début du mouvement populaire, le régime  cultivait peut-être la conviction que la revendication des Algériens ne concernait que la fin de la présidence Bouteflika et l’annulation de sa candidature à un cinquième mandat.
La destitution d’un parrain, que son impotence rendait encombrant pour le régime lui-même, devait, de ce point de vue, suffire à apaiser la colère des Algériens et permettre alors au long fleuve tranquille du système de reprendre sa course sans sortir de son lit. Il ne restait qu’à patienter en “accompagnant” le mouvement et en “s’alignant” sur ses revendications. Et puisque les principales figures symbolisant les abus caractéristiques de l’ordre autoritaire et prédateur allaient être progressivement neutralisées et jugées, l’illusion de changement ne pouvait, en principe, qu’en être renforcée. Ce sentiment de victoire politique et le temps qui passe devaient lentement résorber le soulèvement pacifique. Mais, avec le temps justement, le pouvoir de fait a dû constater que ce n’était pas là la véritable perception populaire. La conviction était massivement partagée chez les Algériens qu’il est temps de remplacer le système qui les exclut de la conception de la perspective nationale et de la gestion de leurs affaires communes et qui autorise le pillage des richesses du pays par un autre qui organise leur souveraineté collective. En poursuivant les marches pacifiques dans la durée, ils ont continué à rappeler leur exigence de rupture systémique. Car, de leur point de vue, une élection présidentielle organisée sous l’égide de l’ancien régime ne pouvait répondre à leur revendication de changement de système. En jouant la carte de l’usure, le pouvoir a perdu et, pendant ce temps, il a mesuré la résolution populaire pour une transition de rupture. Changeant alors d’attitude, il a adopté une stratégie à double volet : répression policière et judiciaire, d’une part, et action politique, d’autre part. Un véritable mouvement politique anti-hirak a été suscité, appuyé par une flagrante offensive numérique en vue d’inspirer une polarisation à base politique, idéologique et identitaire parmi le peuple insurgé. L’intérêt de créer un mouvement anti-hirak est, pour le pouvoir, de ne pas recourir aux forces de soutien historiques du régime. Ce qui révélerait sa politique antirévolutionnaire. L’invention ratée du paradoxal mouvement “badissiste-novembriste” et la remise au goût du jour du terme supposé infamant de “zouave”, suivies de la traque localisée à l’emblème amazigh, procèdent de ce double objectif : répression et diversion. 
La prescription autoritaire d’une option et sa mise en œuvre dans un climat de répression constituent, de la part du pouvoir, un retournement d’attitude face au mouvement populaire. L’enjeu en cours est précis : changement ou continuité du système. L’ancien système auquel s’accroche le régime est celui né en réaction à la plateforme établie par le Congrès de la Soummam. La révolution de février, elle, préconise la réhabilitation de la perspective démocratique ébauchée, dès 1956, par ce Congrès. 
C’est très simple, Novembria-Badissia ou Febrayria-Soummamia…
 

M. H.
musthammouche@yahoo.fr 


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