Scroll To Top
FLASH
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version papier de "Liberté" écrire à : info@liberte-algerie.com

contrechamp / ACTUALITÉS

Les élections, une fin ?

Ainsi, le régime a décidé de programmer l’élection présidentielle dont les Algériens ont massivement rejeté la tenue dans les conditions politiques actuelles.
Malgré l’opposition populaire à une telle perspective, il n’est pas exclu qu’il parvienne à l’organiser, mais en se contentant de candidatures par défaut, d’une campagne à sens unique et sous haute tension et d’un niveau de participation symbolique… Et en acceptant de poursuivre la répression des citoyens et des militants opposés à sa feuille de route. À force d’étouffement de l’expression populaire et d’efforts de clientélisation parmi les “élites”, il pourra réaliser un semblant de scrutin, une formalité censée légitimer le prochain président de la République, mais qui sera un échec politique, un autre encore, pour le pays.
Pourquoi peut-on entrevoir d’avance la foirade que sera cette élection au cas où elle aurait lieu ? Parce que les conditions de sa tenue éventuelle en déterminent déjà les limites et les incidences.
Un premier inconvénient tient à l’étroitesse du spectre politique dans lequel le futur président sera choisi. Chacun a sa propre idée, ou pas, mais le pouvoir doit avoir une idée plus précise de ce choix : s’il refuse l’issue incontrôlable d’une transition, ce n’est pas pour mettre de l’incertitude dans l’élection. En tout état de cause, les larges zones politiques et sociales hostiles à ce scrutin n’y seront pas représentées. Les candidats potentiels qui se reconnaissent dans le mouvement des manifestants, ceux qui se sont engagés dans les “dynamiques de la société civile” ou qui appartiennent aux “forces de l’alternative démocratique” sont, de fait, exclus du choix des électeurs. Les ambitions les plus nombreuses se recruteront surtout dans les résidus de l’ancien régime et parmi les opportunistes qui voudront profiter du désert politique providentiel… Autour d’un favori, un “candidat du consensus”, comme on disait en 1999, une course bigarrée de lièvres, mais point de perspective politique !
Un second risque s’annonce aussi, côté électorat : en plus des abstentions de position, apparaîtront d’autres suscitées par cette impression de continuité et de non-choix. 
La plus grave incidence de ce passage en force concerne l’après-vote et engage l’avenir politique du pays : cette élection au forceps pour la “stabilité” systémique laissera dans la conscience populaire, ou au moins dans la conscience d’une partie du peuple dont chacun peut, pour l’instant, apprécier l’importance, un véritable sentiment de dépit, voire d’affront, qui ne se dissipera pas forcément au lendemain du vote.
Dans sa démarche, le régime donne l’impression qu’il croit que l’élection présidentielle prochaine constitue une espèce de “fin de l’Histoire”. Et donc la fin du mouvement populaire. De ce fait, il y fonce tête baissée. Et sans considérer les dégâts psychologiques et politiques à effet prolongé qu’il pourra provoquer dans sa course éperdue vers le 12 décembre.
 

M. H.

musthammouche@yahoo.fr


Publier votre réaction

Nos articles sont ouverts aux commentaires. Chaque abonné peut y participer dans tous nos contenus et dans l'espace réservé. Nous précisons à nos lecteurs que nous modérons les commentaires pour éviter certains abus et dérives et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à notre charte d'utilisation.

RÉAGIR AVEC MON COMPTE

Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ? VALIDER