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contrechamp / ACTUALITÉS

Les termes du débat


Après “la société civile”, c’était, avant-hier, à la “conférence du dialogue national” de se réunir. La composante de chacun des deux forums change, mais les deux se disent en quête d’une solution à la crise.
Mais ce terme de crise ne constitue-t-il pas un débarras où l’on déverse tous les crimes cumulés du système pour ensuite présenter le désastre national comme une réalité objective, accidentelle, qui n’implique donc aucune responsabilité humaine ?

Le résultat en est que le pouvoir de fait, né des circonstances créées par le soulèvement populaire historique, s’emploie à assurer un traitement judiciaire de faits de corruption sans point évoquer le procès du système et du régime qui ont fait de l’État un instrument de pillage privatif de la richesse nationale.
Dans cette situation, on se retrouve avec deux scènes publiques : l’une, judiciaire, où les pilleurs présumés viennent répondre du saccage dont ils sont accusés, et l’autre, politique, où le peuple sort régulièrement en masse pour rappeler son exigence de rupture radicale avec un pouvoir qui lui oppose les stratégies de gestion de la revendication qu’il a toujours cultivées et appliquées : la manœuvre et la répression.
Devant l’ampleur, la détermination et la cohésion du soulèvement citoyen, le régime simule. Il s’est délesté des personnes les plus symboliques de son identité faite d’autoritarisme politique, d’insouciance stratégique et de prévarication économique et se présente comme maître d’œuvre bénévole de la révolution politique.
Le mouvement populaire est confronté à une double riposte, l’une consistant en une tentative de détournement du concept de transition pour le réduire à un intérim “constitutionnel” justement conçu pour assurer la perpétuation du régime, et l’autre englobant diverses mesures visant à affaiblir, à étouffer et à épuiser les manifestants et les manifestations.
Pendant ce temps, le pouvoir offre au peuple des voies de délestage à travers toutes sortes d’initiatives fusant de diverses combinaisons impliquant “l’opposition”, la “société civile” et des “personnalités”.
Toutes ces initiatives ont la caractéristique de se vouloir “inclusives” et promotrices de “dialogue”, bref de vouloir emporter l’accord populaire, mais toutes inclinent à rendre acceptable, voire salutaire, la solution “intérimaire” et “électorale” du pouvoir. Tous ces concepts apparentés à la démocratie sont convoqués pour donner une allure consensuelle à la feuille de route de l’armée. Ainsi se présente la solution à la crise, côté officiel. Pas même le souci de définir la nature de la crise, de reconstituer sa genèse, d’identifier ses effets… On veut la régler avant même de la caractériser. Car, enfin, quelle crise ? Ce n’est tout de même pas l’effet du 22 février, cette crise ? Et on demande au peuple de rentrer chez lui pendant que des “intermédiaires” lui préparent une élection présidentielle honnête sous les auspices d’un régime converti à la transparence ! Curieux de lire la réaction de ce peuple.
 

M. H.
musthammouche@yahoo.fr


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