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contrechamp / ACTUALITÉS

Les urgences du mouvement populaire

C’est devenu une trivialité de dire que les Algériens sont encore sortis nombreux pour demander au régime de céder la place.
La mobilisation reste, en effet, soutenue malgré un pouvoir qui déploie chaque semaine de nouveaux trésors d’imagination et de moyens pour tenter de réduire l’affluence citoyenne vers les lieux de manifestation. Il en est même à essayer de favoriser des contre-manifestations tendant à promouvoir des discours contredisant l’exigence de rupture invariablement réitérée par le mouvement populaire et visant à accroire que l’application de l’article 102 constitue une réponse suffisante à sa revendication. 
Bien qu’il soit établi que sa feuille de route, basée sur le processus intérimaire vers une élection présidentielle, ne corresponde plus à la réalité du terrain, il persiste à faire comme s’il n’avait pas intégré l’irréversibilité d’un mouvement véritablement révolutionnaire. 
à la vérité, ce n’est plus tant le scrutin du 4 juillet que le pouvoir veut sauver, mais c’est cette exigence de rupture qu’il veut contourner. 
à se demander si l’initiative de Taleb Ibrahimi, dont l’annonce courait déjà avant la treizième démonstration populaire de ce vendredi, ne participe pas d’une démarche tendant à noyer l’idée de rupture systémique en la diluant dans un conclave chamarré de chapelles. Il n’est pas certain que les requêtes de tout un peuple, et dont on ne peut dire qu’elles manquent de précision, aient besoin d’être soumises à l’examen de lorgnettes partisanes, si nombreuses soient-elles. Il y a donc quelques préalables évidents dont le pouvoir pourrait convenir sans avoir à les mettre en délibération à la merci des intérêts partiaux que poursuivent bien des forces politiques.
Depuis quelque temps, l’ancien ministre bénéficie d’une campagne médiatique visant à faire de lui l’homme indiqué pour figurer l’autorité d’État durant la période transitoire dans l’hypothèse d’un dépassement de la stricte mise en œuvre de l’article 102. Mais le message épistolaire, finalement paraphé par un trio, appelle à un “dialogue” en vue d’“une période de transition de courte durée, conduite par des hommes et des femmes n’ayant jamais appartenu au système…”. Il aurait pu s’arrêter là, mais il a préféré ajouter “… profondément corrompu des vingt dernières années”, laissant entendre que le système ne pécherait que par la dérive corruptrice qui l’a infléchi à partir de 1999 et que donc le personnel politique ayant sévi avant cette période peut encore trouver sa place dans la conception de l’avenir national. 
Il suffit pour cela que ce soient “des partis et des forces politiques et sociales qui le soutiennent (le mouvement)”. 
Aujourd’hui que la présidentielle du 4 juillet ne constitue plus une option pratique, c’est le déficit de représentation, de structuration et de conceptualisation du mouvement qui compromet le passage à la phase transitionnelle de la révolution. Et qui laisse la porte ouverte aux opportunismes politiciens. Il y a, pour le peuple manifestant, urgence à débattre et à se faire représenter.
 

M. H.
musthammouche@yahoo.fr


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