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contrechamp / ACTUALITÉS

Mortifère rémanence du régime


Le pouvoir a imperturbablement regardé mourir un citoyen, militant des droits de l’Homme et défenseur de la justice. 

Arbitrairement emprisonné, il n’avait que la grève de la faim pour dénoncer l’abus dont il était, une nouvelle fois, victime. En survenant en cette période précise, la mort du Dr Fekhar vient rappeler que le soulèvement populaire est encore loin d’avoir fait évoluer le régime dans sa nature répressive et, à l’occasion, meurtrière. 
Le régime en place a porté les outrances du système de pouvoir à leur comble. Et on voit bien qu’il continue à sévir, intact, même si Bouteflika, son principal instigateur, a été contraint à la démission.
Depuis plus de trois mois, le peuple revendique, dans un soulèvement pacifique mais quasi unanime, le démantèlement intégral du système mafieux et autoritaire. Le parrain a quitté la scène, mais son régime, resté en place, déploie des trésors de subterfuges pour gagner du temps et pousser le mouvement populaire à l’usure et au découragement. Autour des villes, il applique une stratégie d’éclusage pour empêcher le déplacement des manifestants potentiels, et dans les villes, il en fait de même pour étouffer les marches. La volonté de l’armée, plusieurs fois proclamée par le chef d’état-major, d’accompagner le peuple dans ses revendications n’est pas compatible avec la multiplication de telles entraves à l’expression populaire ni avec le zèle répressif que l’on observe parfois, en particulier lors des manifestations d’étudiants. L’attachement à une élection d’avance compromise constitue l’illustration de cette fuite en avant. Une insistance injustifiée pour une élection devant se tenir dans un contexte inapproprié au vu de la revendication de transparence effective des futures consultations.
Maintenant que l’argument simulé du vote ne fait plus illusion, Gaïd Salah voudrait engager le mouvement dans un autre dérivatif : “un dialogue sérieux, rationnel, constructif et clairvoyant”, comme “unique voie pour résoudre la crise”. Le tout saupoudré de l’épouvantail du retour aux affres des années 90. Mais le fait est que la “solution constitutionnelle” de l’élection présidentielle a vécu.
Que de temps perdu avant de changer de fusil d’épaule ! Et c’est le chef d’état-major qui fait la leçon de l’urgence : “Il n’y a aucune raison de continuer à perdre du temps, car le temps est précieux et il n’y a pas moyen de le gâcher dans des discussions stériles loin du véritable dialogue sincère et constructif” ! De quelles “discussions stériles” s’agit-il et pourquoi “le dialogue” préconisé serait-il forcément “sérieux et constructif” ?
Or, son projet est d’emblée flou : si Gaïd Salah évoque “les personnalités et les élites nationales”, il n’identifie pas le reste des “parties” qui, selon lui, devraient dialoguer et se faire des “concessions réciproques”.
Quel peut être l’objet d’un tel dialogue et quelles peuvent être ces parties au dialogue ? N’est-ce pas le peuple qui a décidé de changer de régime ? Le peuple ayant délibéré et ses revendications connues, le gain de temps ne consisterait-il pas à discuter d’emblée des modalités de passage d’un système qui, par ses échecs, a gravement sanctionné le pays, au système démocratique que le peuple revendique ?


M. H.

musthammouche@yahoo.fr


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