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contrechamp / ACTUALITÉS

Mouvement populaire et tactiques contre-révolutionnaires

Il n’est plus besoin de rappeler l’exemplarité de l’engagement étudiant dans le mouvement pour le changement de système en Algérie. Sortis hier en masse dans toutes les villes universitaires, ils ont encore montré qu’il n’y a pas de citadelle imprenable pour un peuple décidé à changer sa condition, surtout s’il est convaincu de son bon droit.

En attendant sa confirmation populaire, vendredi prochain, les universitaires ont donc délivré une réponse claire au rejet, exprimé par le chef d’état-major, de la revendication de départ du régime résiduel.
Le discours qu’il a lu lundi à Ouargla rappelle, en effet, son attitude initiale devant le soulèvement pacifique du 22 février. Quatre jours après le soulèvement populaire massif et pacifique, Gaïd parlait de “quelques Algériens” poussés “vers l’inconnu à travers des appels suspects”, ajoutant que “c’est fait, en apparence, pour la démocratie”, mais que, sur le fond, c’est pour conduire ces “mougharrar bihim”, victimes de manipulations, “sur des chemins non sécurisés et qui ne sont pas forcément dans l’intérêt de l’Algérie”.
La semaine suivante, et devant la confirmation de la déferlante révolutionnaire, il révisait son attitude et son discours, avançant le devoir d’accompagner le peuple dans sa marche pour un changement de régime. Une révision hâtée par les péripéties internes au pouvoir du moment.
Mais le message émis ce lundi à partir d’Ouargla rappelle étrangement cette première intervention au sujet du mouvement populaire. Le vice-ministre de la Défense y exprime clairement son choix pour la poursuite du processus déclenché par l’activation de l’article 102, rejetant toute forme de transition que celle prévue par la Constitution en vigueur. Et sous-entendant encore de possibles manipulations des manifestants, il met en garde contre “l'infiltration” de personnes “ayant des plans suspects”…
Premier effet contre-révolutionnaire de ce repositionnement franc pour la défense du système : les appareils qui servaient de “partis de la majorité” au régime encore et dont de nombreux dirigeants sont suspectés de graves atteintes aux intérêts du pays ont été soudain ressuscités. L’un après l’autre, le cartel s’est mis à délivrer des offres de reprise de service en direction du chef de l’armée, saluant, le doigt sur la couture, l’option prise par l’homme fort du moment. 
Le FLN et TAJ n’ont pas hésité un instant devant l’aubaine. Le MPA s’est fait plus insistant pour compenser son léger retard. Et le RND, après avoir traîné quelques heures, a fini par rejoindre la bande. Ils sont maintenant au complet pour entreprendre cette espèce de reconstitution de ligue dissoute dont ils doivent rêver dans leurs discrètes planques.
À moins que Gaïd Salah ne l’interprète, de son côté, comme un artifice par lequel la bande qu’il dit “dérangée et terrifiée” tente d’“entraver les efforts de l’Armée nationale populaire et de l’appareil judiciaire”. 
Il ne peut pas, pour l’heure, scier la branche tactique sur laquelle il est assis : la lutte contre la corruption lui sert de contrepoids face au mécontentement populaire provoqué par sa stratégie de sauvegarde du régime.


M. H.

musthammouche@yahoo.fr


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