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contrechamp / ACTUALITÉS

Où va le régime ?

En plus d’un demi-siècle d’indépendance, l’Algérie n’a pas encore éprouvé l’expérience d’une transition ordonnée. Elle préfère les allongements de règne jusqu’à l’incident de rupture aux alternances organisées.
Quand, en 1988, le système, trouvant plus salutaire d’adopter le multipartisme que de se cramponner au modèle du parti unique, les Algériens crurent vraiment à une évolution. Mais l’islamisme conquérant, en perturbant la transition, a fourni le prétexte qui a permis l’avènement et la consolidation de cette espèce de dictature à partis multiples.
Pour asseoir la nouvelle autorité et la rendre incontestable, le régime a opté pour le procédé du culte de la personnalité. Et ce sont les forces de soutien au nouveau Président qui durent, en premier, adopter le principe de sacralité du chef. Un principe qu’il restait à étendre à la nation entière.
Avec un tel statut, le régime devenait irrévocable. Et de fait, ce fut le cas pour une partie de l’opinion commune et pour des forces… d’opposition.
En même temps, et de l’intérieur, le régime s’est progressivement constitué un équipage  politique dont le profil peut se résumer en une caractéristique : que l’on considère les individus ou les groupes, ils doivent renoncer à toute autonomie de conviction ou de stratégie. C’est cet effort de mythification qui a fait qu’on en arrive à ce que le ministre des Moujahidine dise de Bouteflika que Dieu l’a envoyé pour le salut des Algériens comme Il a envoyé Mohamed pour le salut de l’humanité et que le nouveau secrétaire général du FLN, dans un effort de surenchère de cour, l’a comparé au prophète Abraham !
En vingt ans d’un règne rendu confortable par l’abondance de la rente et par l’extinction culturelle de la morale politique, le régime a formé, malgré la diversité des noms de chapelle, une armée de “cadres politiques” majoritairement mus par le seul appât matériel. Ceux-ci, disposant des moyens de campagne et de répression de l’État, constituent un rempart infranchissable face aux forces résiduelles du changement.
L’échec du régime se constate dans la qualité intellectuelle et morale de la nouvelle génération de responsables politiques. Dans la vox populi, l’évocation de noms de ministres et de responsables politiques renvoie, au pire, à des faits de prévarication, à des scandales financiers, à des acquisitions immobilières douteuses… et, au mieux, à l’idée d’incompétence. La médiocrité et l’appétence sont une garantie contre la sédition.
L’exclusion des talents par la répression, la marginalisation et l’ostracisme clanique et régionaliste constituera un des points noirs du bilan de ce régime. Parce qu’autant que la gabegie, elle hypothèque le présent et l’avenir du pays.
Aujourd’hui que la santé du Président ne permet pas d’organiser même le semblant d’élection dont on a l’habitude de s’accommoder, ce personnel politique, conscient de ne pas correspondre aux besoins réels d’un pays riche en ressources humaines, se débat dans une problématique qui ne concerne que sa survie.
Drôle d’atmosphère préélectorale où l’Algérie n’est pas à l’ordre du jour, effacée par la question du destin d’un régime !


M. H.


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