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contrechamp / ACTUALITÉS

Plus que la répression, le parasitage…


Il y a du chahut à l’Assemblée nationale, conséquence de la présentation de la déclaration de politique générale, lundi dernier, par le Premier ministre.
La déclaration en question, loin de constituer un acte de démocratie, relève d’une pratique politicienne intermittente à laquelle le pouvoir se plie en quelques rares circonstances. Il se trouve justement que dans la conjoncture actuelle, le régime et la population n’ont pas la même appréhension de la réalité politique nationale : le premier fait comme si tout “continuait” dans la même que les vingt ans qui viennent de s’écouler ; la seconde voit bien que le pays vit un moment de rupture qu’elle a, elle, voulu. Le premier est dans l’imprécation, la seconde dans la projection.
Il n’est donc pas nécessaire de s’appesantir dans le commentaire d’une déclaration énoncée sous forme de discours de campagne amplifiant un bilan de “réalisations” aux contours flous et annonçant de généreuses et génériques promesses. Dans la forme, l’exercice est dépassé. Les débats, que l’opposition, pour des besoins de communication, s’applique à rendre tumultueux, sont aussi d’une évidente désuétude.
Le résidu de vie parlementaire actuelle a quelque chose d’anachronique, une survivance d’un régime en fin de cycle. Alors même que l’institution a toujours eu une vie de somnolence ponctuée de ronrons de circonstance. Au lieu de laisser le Parlement jouer son rôle d'institution autonome, le pouvoir réel ne s’est jamais gêné et ne se gêne toujours pas pour le réduire à une fonction ustensilaire. Au lendemain des manifestations du 22 février, le chef de l’État désignait, au titre du tiers présidentiel, deux vice-présidents du Conseil de la nation, âgés de quatre-vingt-deux et quatre vingt-huit ans ! Un message.
De son côté, l’APN, dont l’image est marquée par ce fait mémorable d’avoir usé d’un cadenas comme outil d’alternance, en simulant l’âpre débat démocratique, ne fait que contribuer à contrarier le constat populaire de péremption globale des institutions du régime.
Ces moments où la société s’anime de revendications et de luttes sont toujours propices à l’éclosion de toutes sortes d’opportunismes politiques. C’est à qui enfourchera l’enthousiasme populaire qui le portera aux parages du pouvoir.
Ce régime, c’est finalement une école de cynisme et de toupet.
Ainsi, Bouhadja, ex-président
de l’APN, chassé du perchoir par
ses pairs, trouve dans sa silencieuse et passive “résistance” au coup de force un fondement à la légitimité de sa candidature pour la présidentielle.
Le mouvement de rupture avec le régime ne manquera pas de subir des entreprises de parasitage attirées par son immense popularité, par cet air de communion jamais rééditée depuis les “défilés” de l’indépendance, par la fluidité de ses manifestations. Et par la précision de ses objectifs. Sur ce plan, il n’est point besoin de contribution politique d’officines. Les parties qui se préoccupent de la transformation de l’essai n’ont qu’à commencer à affiner leurs projets et stratégies pour l’après-régime.
Le mouvement contre la continuité a juste besoin d’être partagé.


M. H.


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