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contrechamp / ACTUALITÉS

Puis vient le vendredi

Comme à chaque fois que le pouvoir croit avoir fait tomber le hirak en désuétude avec une nouvelle étape de son processus de restauration autoritaire du régime, la mobilisation du vendredi suivant vient recentrer l’attention sur la véritable problématique politique en cours : le changement de système.
Alors que le mouvement populaire poursuit inexorablement sa marche, le pouvoir tente, par une succession de faits accomplis institutionnels, de détourner le débat sur d’autres questions que celle qui préoccupe le peuple, la question de la nature de l’État qu’il souhaite se donner, et de poursuivre en même temps son projet de réhabilitation du régime décrié.
Dans le souci de désamorcer le mouvement populaire visant l’abolition du système politique auquel le régime se rattache, celui-ci a d’abord expérimenté ses méthodes traditionnelles : la répression, la corruption, la manipulation et la propagande. N’ayant perçu nul signe d’affaiblissement de la mobilisation populaire malgré toutes les mesures d’étouffement de la revendication, il s’est résolu à ignorer littéralement l’expression pourtant bruyante, massive et pacifique de la volonté populaire. Il a donc opté pour l’organisation de son propre dialogue qu’il a fait accoucher d’instruments d’encadrement de son élection présidentielle programmée. Sans s’embarrasser de l’approbation populaire, il a entamé la mise en œuvre de sa feuille de route de reconstitution autoritaire à travers un scrutin dont le rejet était pourtant annoncé, puis vérifié.
Après le fait accompli du dialogue, du consensus et de l’élection, le peuple manifestant se remettait à l’ouvrage, pour rappeler, chaque semaine, en masse et dans le calme, sa revendication de changement de système.
Opiniâtrement, le pouvoir s’accroche à son semblant de vie politique faite de dialogue “monologues” et de simulations de campagne électorale et d’élection, omettant ainsi de prendre en considération une réalité marquée par une rétraction massive des Algériens face à ses initiatives politiques. Ce devrait être tout de même préoccupant, pour des autorités, de devoir se contenter de “dialogues” et d’“élections” qui ne suscitent pas l’attention d’un peuple, par ailleurs, pleinement engagé, lui, dans un mouvement pour le changement de cadre politique.
Cette démarche de fuite en avant se lit jusque dans la composition du gouvernement faite d’éléments repêchés dans les anciennes équipes de Bouteflika et d’autres gratifiés pour leur contribution à faire barrage au mouvement de revendication, en plus de quelques symboles d’un opportun populisme “jeuniste”. Un gouvernement sans fond politique et inspiré de données politiciennes et conjoncturelles.
Mais le fait est que les marches du 46e vendredi ont vite “déclassé” la question de la composition du gouvernement, comme elles l’avaient fait pour le dialogue ou le résultat de l’élection présidentielle. Un peu comme si le processus de recomposition du régime pour lequel le pouvoir a opté, et les initiatives qui le jalonnent, ne servent qu’à relancer le hirak qu’il continue à contrecarrer et auquel il persiste à donner le dos. 
 

M. H.
musthammouche@yahoo.fr


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