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contrechamp / ACTUALITÉS

Quelle solution pour quelle crise ?


Aussitôt inaugurée, la conférence du 6 juin est entrée en phase de délitement. Comme la réunion de “la société civile”, elle va lentement se dissiper dans ses contradictions et dans le désintérêt populaire. Ce sont ceux qui cherchent une “solution” à la “crise” qui l’entretiennent : ils cherchent une solution à une crise qu’ils n’ont pas le courage de nommer !
Plus de quatre mois que le peuple sort en nombre et dans le calme pour crier son exigence de rupture à l’adresse d’un pouvoir qui lui fait la sourde oreille. Et qui lui ressasse son propre projet : un cinquième mandat sans Bouteflika. Car, une élection présidentielle sous l’empire du même régime, est-ce autre chose que cela ?
Pour le pouvoir, c’est là que réside la “solution à la crise” : dans l’élection rapide d’un président et le prompt retour à l’ordre constitutionnel. Mais nous y étions, non ? À moins de considérer que “la crise” est le résultat du soulèvement populaire, la solution ne peut être dans l’effet mécanique d’un retour à l’ordre constitutionnel calamiteux qui nous a conduits au désastre moral, politique et économique. Non, la crise n’est pas le corollaire du soulèvement citoyen ; elle en est la cause. Et elle perdure du fait que le régime refuse au peuple la souveraineté de la solution à une crise régime dont ce régime est l’auteur.

Le peuple a clairement et inlassablement exposé sa conviction quant à la nécessité de dissoudre dans son intégralité le système auquel ce régime est rattaché et sa volonté d’y parvenir. Cette œuvre révolutionnaire de changement ne peut être réalisée par un président élu sous les auspices du même régime. Mais le pouvoir ne désespère pas d’imposer, à une autre date prochaine, l’élection du 4 juillet que le peuple a rejetée. 
Il sait que sa “solution” est en décalage avec la revendication populaire. Mais il n’a d’autre moyen de sauver le système que de résister au mouvement révolutionnaire pacifique. Il compte, pour cela, sur le temps et la lassitude populaire, sur la répression des citoyens agissants, sur l’étouffement des manifestations et sur le réveil des discordes sur fond identitaire et idéologique. 
Il compte aussi sur les initiatives politiques et civiles qui croient pouvoir compenser le discrédit rattaché au personnel politique ayant entretenu le régime du président déchu. Ainsi, entrent en scène toutes sortes de personnages de secours, des hommes du système en rupture de ban ou passés à l’opposition, des agents patentés de l’autorité en exercice, des islamistes revenus de guerre et en quête d’une réhabilitation civique, des intrigants occasionnels… Et tous ceux qui, en période trouble, sont à l’affût sur le passage de ce qu’ils croient être l’arche du pouvoir de demain. Ce sont presque les mêmes depuis le CNT ! 
Les arguments de l’urgence, de la catastrophe imminente et des périls ennemis servent à effaroucher un peuple dont on ne voit pas qu’il s’est libéré, avant de se révolter de la sorte, de la manipulation mentale ! La “crise” est dans ce malentendu : le peuple demande à ce qu’on lui cède la place pour qu’il puisse se prendre en charge ; le pouvoir et ses élites continuent à vouloir lui montrer le chemin.
 

M. H.
musthammouche@yahoo.fr 


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