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contrechamp / ACTUALITÉS

Question linguistique et marché aux langues


À son tour, le MSP propose un marché au régime. Avec des conditions : outre la charia et l’inscription de l’arabe et tamazight comme “sœurs” avec “prolongement historique partagé”, il demande que soit “criminalisé” l’usage du français dans les institutions.
à quel “usage” le parti islamiste fait-il allusion ? Normalement l’arabe, dans les faits, et tamazight, en théorie, sont les deux langues de travail exclusives des institutions. Simple opération manipulatoire ? Cela dit, pourquoi l’enseignement, l’économie, la culture et la communication recourent-ils encore à la langue française alors que, depuis son indépendance, l’Algérie conduit une opération soutenue d’arabisation, puis de “généralisation de l’utilisation de la langue nationale”, depuis 1995 ? Si la langue de Molière se fait encore indispensable, voire envahissante, ce n’est pas faute, pour le pays, d’avoir englouti de faramineux budgets de l’Etat et…d’entreprises publiques dans la seule “tâche nationale” qu’il mène sans discontinuer depuis 1962!  Des fonctionnaires, des enseignants, des députés, des sénateurs, des responsables de parti, pouvoir et opposition vivent de cette posture hypocrite et grandiloquente de défense de “la” langue nationale. Pendant que leurs enfants étudient loin du “fondamentalisme scolaire” qu’ils infligent aux filles et aux fils du peuple.
Or, l’arabe ne manque ni de priorité politique, ni de moyens, ni de partisans, ni de soutien…étranger. C’est donc un échec de la langue, un échec arabe avant d’être algérien ! Le problème est que l’Algérie a peut-être surinvesti dans un support d’une aptitude limitée à assurer un niveau de captation de la connaissance suffisant pour occuper une place dans l’univers scientifique et culturel contemporain. Cette arabisation politique, pour laquelle le pays a assumé tant de retard technique, personne ne veut en faire ou en revendiquer le bilan. Par idéologie pour les forces au pouvoir et l’opposition arabo-islamiste et par crainte et calcul carriériste pour les “rationalistes”.
Le ministre de l’Enseignement supérieur et le Premier ministre viennent de déclarer l’urgence d’adopter l’anglais et…le mandarin comme langues d’études, de recherche et de gestion. Mais, tout comme leurs prédécesseurs, sans évoquer ce qui n’allait pas dans la structure linguistique de l’enseignement et du fonctionnement de l’Etat. En ne précisant pas le statut de l’arabe dans leur évaluation de la situation, puis dans leur vision, ils laissent entendre que la problématique linguistique ne met en jeu que des langues étrangères : le français et d’autres langues de…travail. Ce qui est faux, la question étant de nature globale, systémique. Si, aujourd’hui, Mokri et tous ces imposteurs culturels et incultes recyclés dans la politique  peuvent palabrer sur un “crime de francophonie”, c’est parce que le pouvoir et ses clercs n’ont jamais eu le courage et la volonté de poser la question linguistique dans toutes ses dimensions, identitaire, culturelle et de développement. Pourquoi ? Parce que le questionnement le remettrait en cause comme régime et comme système ! Si en plus d’avoir dilapidé le plus grand “butin de guerre” colonial, on a échoué dans la mise en œuvre de l’arabisation, cela vaut bien un inventaire, non ? 
 

M. H.
musthammouche@yahoo.fr


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