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contrechamp / ACTUALITÉS

Qui a trop duré ? Le système ou le hirak ?

Personne, même parmi ses adversaires, ne reproche au mouvement populaire d’avoir eu lieu. Car le fait n’est plus à démontrer qu’il devenait salutaire, pour le peuple, de rompre son trop long silence, de se soulever et de renverser le régime. Il est dans les premiers effets du hirak.

Mais beaucoup, y compris parmi ceux qui s’en revendiquent, lui reprochent de durer. Ils l’accablent, à longueur de débats et de palabres : “comment ça va finir ?”, “on ne peut pas rester comme ça”, “les vendredis ne dérangent pas le pouvoir” mais “sanctionnent l’économie”, “il faut que le hirak se structure”...

On disserte même, avec un certain mépris, sur des manifestants du… dimanche qui sortent pour leur récréation hebdomadaire. Pourtant, ces marches n’ont pas toujours été de tout repos : des heures de canicule, de jeûne, d’averses en trombes sont endurées par des marcheurs, certains venus à pied de loin, ne pouvant se payer une bouteille d’eau, se mouvant sur une chaussée, brûlante ou mouillée, en sandales usagées. 

Aucun de ses affidés, encore très nombreux en mars dernier, n’ose aujourd’hui avancer que ce système, qui, lui, a trop duré, mérite la moindre circonstance atténuante. Même s’ils sont toujours nombreux à se battre pour sa régénération, en plein jour pour ceux sont dans les institutions ou dans l’ombre pour ceux que le régime ne peut encore exhiber à la lumière. Les Algériens ne sont tout de même pas sortis pour émonder le vieil arbre pourri de ses branches les plus véreuses afin qu’il puisse verdoyer de plus belle ! 

Au début du hirak, le pouvoir n’a accédé ni d’emblée ni de bon cœur à ses revendications. Entre le 22 février et le 2 avril, il s’est passé six vendredis de déferlement populaire auxquels il a d’abord répondu par la menace et les manœuvres.

Le mouvement s’est poursuivi parce que le stratagème de la concession, enfin, du départ de Bouteflika et des poursuites contre les figures symboliques du régime et du pillage national n’ont pas suffi à convaincre les citoyens qui, eux, exigent l’abolition du système. Cette revendication n’a toujours pas été entendue.

Persuadés du fait qu’un régime issu de ce système ne peut conduire la tâche historique de le déboulonner, ils continuent à manifester pour le départ de ce régime. Dans ce processus, qui pérégrine d’“accompagnement” en étouffement, en faux dialogue, en répression et manipulation, en fausse élection, puis en “re-dialogue”… ? Qui joue donc le temps ? 

En cela, il trouve d’ailleurs des alliés inattendus et inespérés : les forces politiques et sociales organisées et associées au mouvement populaire ! Habituées à un agenda de vie publique quasi mondaine, elles vivent mal une entreprise révolutionnaire dont la projection, de dimension historique, ne peut être incluse dans leur timing calqué sur le programme d’activité politique officiel.

Les prisonniers politiques ont pourtant montré l’exemple en se résignant, avec dignité, à payer le prix de leur engagement par un temps de privation de liberté dont ils ne pouvaient prévoir la durée. Le pouvoir voit bien que le mouvement pour la libération citoyenne ne peut plus faire demi-tour et aller dans le sens de la régression. C’est donc lui qui fait perdre un précieux temps au pays.

 

 


M. H.

musthammouche@yahoo.fr


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