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contrechamp / ACTUALITÉS

Qui drogue qui ?

Il est connu qu’en Algérie, la consommation de la drogue connaît une augmentation soutenue depuis de longues années.
Les interventions des responsables de la lutte contre le fléau le confirment à chaque intervention. C’est ce que vient de faire le commissaire Djamal Guessoum, chef de la cellule de lutte contre le trafic des stupéfiants, au micro de la radio publique. Autour de nous, le phénomène crève les yeux, en effet. Il s’est étendu en s’attaquant à des catégories d’âges de plus en plus basses, en touchant la population féminine et en débordant des villes vers des espaces semi-urbains.
Que de fois, des gens “qui nous veulent du bien” nous demandent de nous éloigner sans réagir à la provocation d’un jeune agressif : “Laissez tomber ; il est bourré” (de cachets). Parfois, c’est un agent de l’ordre qui se charge de nous délivrer ce conseil pour une salutaire dérobade. Certainement que les types de drogue en circulation et leurs proportions dépendent de l’âge, du milieu social, du mode d’apprentissage et du pouvoir d’achat respectifs  des usagers.
Cette constante extension géographique et démographique d’une consommation diversifiée de drogues correspond nécessairement à un développement qui s’accélère d’une économie des drogues. Mais la communication des services de sécurité et de l’Office national de lutte contre la drogue et la toxicomanie se limite pudiquement aux statistiques sur des quantités de substances saisies et du nombre de trafiquants, dealers et toxicomanes interpellés, interceptés ou arrêtés. Mais qu’en est-il du contexte sociologique, économique et sécuritaire forcément favorable à la prospérité de cette criminelle activité ?
Avec cent cinquante mille arrestations en cinq ans et vingt réseaux démantelés dont des chefs  capturés, et que la presse ennoblit à chaque fois du titre de baron, on a dû pouvoir dessiner le profil des empoisonneurs en chefs et de leurs auxiliaires. N’est-ce pas un peu lassant de tout savoir sur les victimes sans apprendre à qui profite le crime ?
C’est tout aussi étonnant de lire, dans un compte rendu de presse sur l’intervention radiophonique de l’officier chargé de la répression du trafic de drogue, que celle-ci serait, pour partie, naturellement “déversée” sur le marché local ! Comme si elle nous était parachutée en de multiples et répétés “Cap Sigli” de stupéfiants.
Les scandales en tous genres, qui régulièrement salissent le pays et nous rappellent sa rapide dégénérescence morale et institutionnelle, nous enseignent qu’il n’y a pas de grande délinquance financière sans collusion politico-administrative. C’est probablement ce qui rend laborieuse la lutte contre cette forme de criminalité.
Il ne sert à rien de compter les paumés qui se shootent à ce qu’ils peuvent si, d’un côté, on ne cherche pas à leur offrir une alternative au désespoir et à l’oisiveté et si, d’un autre côté, on ne tend pas à assécher la source du mal. Conseillés par l’ennui qui les tourmente et par les islamistes qui les “éduquent” à éviter l’alcool seulement, parce que “haram”, et à haïr les mécréants buveurs, nos jeunes recourent en toute piété à des hallucinogènes non évoqués dans la liste des “la yadjouz”.
Ils ne savent surtout pas que leur autodestruction sert à enrichir des réseaux de brigands qui comptent parfois des gens chargés de les protéger.


M. H.


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