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contrechamp / ACTUALITÉS

“Réalisme révolutionnaire” et irréalisme conservateur

Au troisième mois du mouvement populaire, les signes d’une réaction antirévolutionnaire se font de plus en plus manifestes.
Les barrages dressés sur les routes les veilles et jours de marche, le confinement des manifestations à des espaces toujours plus restreints, le recours épisodique à la répression, ainsi que les interdictions fréquentes de conférences sont autant de symptômes d’une volonté d’étouffement du soulèvement populaire pacifique. Le discours du chef d’état-major dénonçant des infiltrations suspectes du mouvement et son insistance pour la poursuite du processus constitutionnel confirment ce choix contre le changement de régime et pour un changement dans le régime.
Dans son cheminement, le pouvoir s’éloigne de la revendication populaire pour un démantèlement du système.
Pour compenser cet écart d’objectifs, Gaïd Salah s’évertue à valoriser “la tâche immédiate” de poursuite contre les corrompus et à rassurer sur son absence d’ambition politique, comme il l’a refait hier en intervenant pour la troisième journée consécutive.
Ce n’est pas rien, pour beaucoup d’Algériens, que de voir ceux qui jouissaient hier d’une absolue immunité et volaient en les narguant enfin traînés dans les brigades et tribunaux jusqu’ici réservés… aux simples justiciables. C’est n’est pas rien, non plus, pour eux, que de savoir le pays prémuni du syndrome de Sissi.
Mais le quiproquo sur la demande, l’exigence, qui fait sortir les Algériens par millions, par temps de pluie ou de canicule, de jour ou de nuit, repus ou le ventre vide, rassasiés ou même assoiffés, respectés ou réprimés, reste entier. Tout se passe, dans le discours et l’action du pouvoir, comme si la revendication nationale devait être considérée comme satisfaite dès lors que le cinquième mandat et tout autre forme de prolongation du règne de Bouteflika ont été conjurés.  
L’objectif de départ des manifestations a, certes, consisté à empêcher Bouteflika de prolonger la situation surréaliste dans laquelle les institutions algériennes étaient supposées activer : sans président valide et dirigées par une autorité de substitution dont on ignore la légitimité, la composition et le fonctionnement ! Mais le peuple, ayant constaté l’unanimité qui caractérisait son désir d’affranchissement, a résolu d’élargir sa revendication à la réappropriation intégrale de l’indépendance qu’il a durement arrachée au colonialisme et qui, depuis, lui a été confisquée par des bandes !
Il n’y a pas, pour cela, d’autre alternative que de substituer au système autoritaire et prédateur, basé sur la force, un système démocratique et fondé sur la souveraineté de la volonté populaire. Et le départ des résidus du régime Bouteflika qui contrôlent encore les institutions est un préalable, le préalable, à la mise en œuvre de ce projet libérateur.
Ce qui est irréaliste, c’est bien de s’accrocher à une élection présidentielle unanimement rejetée ; ce qui est irréaliste, ce n’est pas l’organisation d’une transition d’un système corruptocratique que le peuple veut enterrer vers un système démocratique qu’il appelle de ses vœux.
Heureusement, cette option s’imposera forcément, tant, chaque jour, la mobilisation populaire s’est installée dans la détermination et dans la durée.
 

M. H.
musthammouche@yahoo.fr


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