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contrechamp / ACTUALITÉS

Régression politique, régression diplomatique

Mercredi dernier, au moment où le chef de l’état, Abdelkader Bensalah, recevait le ministre des Affaires étrangères turc, le président Erdogan annonçait l’entrée de son armée en territoire syrien et le début de l’offensive contre les Kurdes de ce pays.

Même si notre arabité officielle et factice n’est que l’effet d’une histoire de harcèlements géopolitiques, idéologiques et culturels hégémoniques, nous n’en sommes pas moins membres de la Ligue arabe. La Syrie, bien que suspendue de l’organisation, en est aussi membre. Mais les circonstances ne semblent pas avoir gêné le diplomate turc qui, dans la conférence de presse partagée avec son homologue algérien, s’en est tenu à des sujets mineurs comme les conditions d’investissement, convenables aux investisseurs turcs, et les procédures de demande de visa qu’il promet d’améliorer. Melvut Cavusaglu a même assuré, un peu ironique, que son pays “ne croit pas à la solution militaire”… en Libye. Vérité au-deçà des Pyrénées, erreur au-delà !
Plus sarcastique encore, cette synthèse de l’APS qui note que les deux parties ont salué…   “au passage (sic) le respect par la Turquie de la question de l’intégrité territoriale de la Syrie” !
Certes, la gestion de la diplomatie nationale est réduite depuis vingt ans à une affaire personnelle d’un autocrate devenu par la suite, et pendant de longues années, inapte à s’en ébaudir. Elle a fini par se dissoudre dans le surréalisme d’un pouvoir absurde, à la fois total et inopérant, jusqu’à se résumer aux seules obligations conventionnelles, pas toutes remplies. Et, subsidiairement, à sa fonction de circuit complémentaire de répartition clanique de la rente. 
Il fut des époques où les régimes autoritaires n’avaient pas besoin de compromettre leurs relations étrangères dans la défense de leur politique intérieure. Les États concevaient la coexistence entre démocraties et dictatures comme le résultat naturel de la diversité d’organisation des États. Et les régimes étaient organisés en blocs multinationaux d’autodéfense collective. D’où l’introduction de cette notion de “groupes”, espèce de syndicats de régimes, dans le fonctionnement même des Nations unies. Ces époques-là sont révolues avec l’ingression progressive de la question droite de l’homme et de la démocratie dans les ordres du jour des forums multilatéraux et dans les relations internationales en général. 
En Algérie, Bouteflika finissant a fait mieux : il a voulu rapatrier ce qui restait du prestige de la diplomatie nationale, abîmant au passage le capital charisme de deux de nos plus illustres ambassadeurs, pour le compromettre dans ses ultimes tentatives de sauvetage de son gang. Il ignorait, tout diplomate qu’il a été, que la considération populaire pour nos diplomates venait de cette fonction de représentativité et de ce que celle-ci les a éloignés des éclaboussures de sa gestion intérieure despotique et véreuse.
Le résultat est que des parlementaires américains viennent se concerter avec notre gouvernement sans qu’il ose — daigne ? — communiquer sur le sujet de la rencontre. L’autre résultat en est que la Turquie nous envoie son ministre le jour où elle envahit un pays officiellement “frère” et celui-ci escamote la question et nous traite en mendiants d’IDE et de visas !
 

M. H.
musthammouche@yahoo.fr


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