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Restituer le FLN aux Algériens

Même si l’inculpation de Saïd Bouteflika et des généraux Toufik et Tartag suivie de leur incarcération marque un tournant dans la prise en charge de la revendication nationale de destitution du régime Bouteflika, il faut observer que le système est loin de s’être résigné à laisser place à une République.

Croyant s’être fait une toilette rien qu’en changeant de “coordinateur”, le FLN a vite fait de se rappeler à l’attention de l’homme fort du moment. “Nous soutenons totalement le chef d’état-major de l’ANP, Gaïd Salah, dans ses appels à la sagesse, à la vigilance et au dialogue constructif pour une sortie de crise sereine et certaine pour le pays”, a opportunément déclaré Djemaï, nouveau secrétaire général du parti unique, par lequel tous les échecs et toutes les trahisons de l’Algérie indépendante sont arrivés. Et pour mieux s’amarrer au train de l’ANP, il poursuit : “Nous considérons que les attaques qui ciblent l’ANP ciblent également nos militants, mais également l’ensemble du peuple algérien.” Non, le peuple algérien est victime du parti-FLN, instrument qui a historiquement servi à policer la vie politique nationale, bien avant que le DRS ne prenne sa suite de cette ignoble tâche d’espionnage des consciences des Algériens. Sans sourire, le nouveau patron du FLN salue l’ANP d’avoir évité l’irréparable en ne s’attaquant par à la “issaba” (oui, la issaba, en arabe dans le texte !) avec des chars.
L’illusion d’une transition “constitutionnelle” qui mettrait le régime en selle est en train de ressusciter les forces parties prenantes du désastre.
Dans son allocution de Ramadhan, Bensalah s’est montré attaché sans nuance au processus constitutionnel qu’il est censé conduire à son terme depuis que la démission de Bouteflika l’a projeté à la tête de l’État. Il paraît clair que le FLN s’emploie, avec le RND et autres repaires des troupes de la “issaba”, à écrire le scénario  “4 juillet, le retour” !
Pour sa première intervention solennelle, le nouveau président n’a, cependant, pas réussi, ou pas cherché, à s’imposer aux yeux de l’opinion comme concepteur de la feuille de route qu’il défend. Les Algériens continueront donc à s’en tenir aux discours et aux actes de Gaïd Salah pour apprécier la manière dont le pouvoir réagit à leur soulèvement.
Pour l’heure, il nous délivre comme une réponse à deux vitesses : une réponse judiciaire, dont la séquence n’a pas de logique évidente, mais qui participe d’une “débouteflikisation” radicale à laquelle le peuple n’a cessé d’appeler de ses vœux, d’une part, et une réponse politique passablement décalée par rapport aux revendications du peuple, d’autre part. Décalée parce qu’elle tente d’enfermer la révolution populaire dans le carcan d’une Constitution, elle-même partie intégrante de l’édifice autoritaire érigé par le clan Bouteflika.
Le parti pris est à peine nuancé par la porte laissée ouverte “aux initiatives utiles”. Le “yetnahaw ga3” concerne les hommes du régime, mais aussi ses symboles et ses instruments de répression et de contrôle de la société.
Si le peuple ne profite pas de sa seconde révolution pour recouvrer le FLN, sigle du mouvement de libération nationale, et lui éviter de continuer à servir à un usage mafieux, ce sera le signe de l’échec de son mouvement.
 

M. H.
musthammouche@yahoo.fr


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