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contrechamp / ACTUALITÉS

Révolution et opportunisme

“L’opposition” de Djaballah s’est encore réunie. À chaque fois que le chef islamiste au long cours invite quelques particulets, la presse parle d’“opposition” qui, un jour, émet sa lubie de candidat unique et, un autre jour, profère son appel à la proclamation de la vacance de pouvoir.
Il n’y a pas que les élections qui, en Algérie, relèvent du gag ; c’est la vie politique dans sa globalité qui procède du simulacre permanent. Les formations de l’opposition, aujourd’hui réduites à des “raisons sociales” pour leaders sans troupes, sont devenues tout juste utiles à donner des couleurs à des assemblées, par ailleurs, asservies au pouvoir total. Cantonnée dans un rôle de figuration, la “classe politique” a assisté presque sans broncher, impuissante pour une partie et complice pour une autre, à l’entreprise évidemment démocratique de nos institutions. En contrepartie, elle se contentait d’un rôle de figuration de plus en plus superfétatoire et rémunérateur. Ce faisant, elle contribuait, avec l’effet de la corruption sociale savamment mise en œuvre, à la dépolitisation graduelle du peuple et à l’éradication progressive de l’engagement militant.
Cette classe politique a vivoté, vingt ans durant, entre médiocrité et déficience, jouissant de la complaisance d’une presse qui, de son côté, n’avait que cet ersatz de “matière” politique pour justifier son existence. Régulièrement invitée à couvrir de stériles conciliabules de “généraux d’armées mortes”, pour paraphraser Ismaël Kadaré, les journaux et télévisions contribuaient à asseoir l’illusion d’une réelle vie publique là où il n’y avait que de creuses mises en scène pour les besoins de l’image démocratique utile d’un régime
totalitaire.
Les plus hardis, comme le MSP, ont fait mieux. En temps d’alpage, il montait au pouvoir, et l’hiver, il redescendait au village haranguer la foule contre l’autocratisme du souverain. Il a même un personnel dirigeant distinct pour la collaboration et un autre pour l’opposition. Et il use tantôt de langage religieux et tantôt du verbe républicain. Par sa division du travail et par son double discours, le MSP est un parti “deux en un” ! La version Makri qui active aujourd’hui — la version Soltani s’étant mise au vert — n’en finit pas de… proposer. Parfois à Bouteflika et d’autres fois à l’opposition. Et maintenant aux manifestants qui exigent le départ du régime. Ce régime que le MSP a longtemps assumé ! Y compris dans sa phase Khalifa.
Alors que le FFS et le RCD, qui, jusqu’ici, n’avaient pas fait mieux dans la résistance au démantèlement des acquis démocratiques, ont d’emblée saisi l’inopportunité d’une candidature, Makri et Louisa Hanoune ont attendu de vérifier la consistance du soulèvement juvénile avant de se rétracter.
Car, un ami vient de l’écrire sur un réseau social, “une révolution, il y a toujours ceux qui la font et ceux qui veulent en profiter”. Ainsi en est-il de ces candidatures insistantes, alors qu’on voit bien que le peuple n’a pas l’intention de souffrir, ne serait-ce qu’une dernière fois, la mascarade électorale que lui propose encore Bouteflika.
La sérénité du peuple en marche contraste tellement avec l’agitation d’une “élite” tirant des plans sur la comète !


M. H.


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