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contrechamp / ACTUALITÉS

Révolution : “permanence” réussie


Demain, les étudiants effectueront leur dernière marche de “vacances”, avant le vendredi de pré-rentrée, trois jours plus tard. Ce vingt-huitième vendredi viendra clôturer une véritable épreuve d’endurance que le mouvement populaire a dû soutenir pendant ces quatre derniers mois. 

Au Ramadhan, survenu début mai, ont succédé trois autres mois de canicule. Les manifestants en ont supporté la difficulté sans broncher. 
S’ils ont subi les nuisances naturelles des éléments, ils n’ont pas, non plus, été épargnés par le pouvoir. À Alger, en particulier, il a redoublé d’imagination pour leur rendre l’acte de manifester le plus pénible possible : blocus de la ville, confinement de la manifestation dans des espaces réduits, assiégés par des véhicules de police disposés en remparts et des troupes alignées en surnombre… Passons sur les diverses formes de pression que les autorités ont testées sur les marcheurs.

C’est certainement ce contexte de protestation dans la souffrance qui a encouragé le pouvoir de fait à dévoiler les limites de son “accompagnement” vis-à-vis du mouvement et à opter pour s’en tenir au processus intérimaire prévu par la Constitution. Ce qui revenait à estimer que la revendication du mouvement du 22 février est réputée satisfaite à partir du moment où Bouteflika a démissionné et le projet de cinquième mandat ainsi désamorcé. 
Dans une ambiance psychologique favorable à la campagne judiciaire contre la grande corruption des clans du régime et de leurs partenaires oligarchiques, le régime a dû juger que, la lassitude aidant, l’usure de ces masses fatiguées de battre le pavé depuis des mois par cet étouffant climat et sous une étouffante veille policière allait finir par estomper la mobilisation citoyenne.
Mais, c’est sans renâcler que les Algériens ont poursuivi leur quête pacifique de changement, compromettant l’objectif officiel d’une élection présidentielle prévue pour le 4 juillet. Parallèlement, le pouvoir s’efforce de disqualifier le peuple manifestant, lui opposant la thèse de “revendications déjà satisfaites” par la seule mise en œuvre de l’article 102. Désormais, il s’emploie à promouvoir une représentation contrôlée d’un “hirak” que lui-même s’attelle à empêcher de se concerter et de s’organiser. Cette option verra fleurir quelques “conférences de dialogue” ayant la caractéristique commune d’être globalement discréditées pour n’être pas l’expression avérée du mouvement populaire.
Le “panel”, dernière initiative en date, a illustré les limites d’une démarche visant à contrer le mouvement populaire plutôt qu’à chercher à en traduire les objectifs. Si, jusqu’à samedi, ce panel donnait quelques signes de survie, la réunion de la Safex de ce jour-là a achevé de l’enterrer. 
Par la diversité des acteurs sociaux et politiques présents, même si la composante n’était pas le fruit d’un processus de représentation du mouvement populaire, d’une part, et par le fait que l’ancien régime n’y était pas formellement représenté, d’autre part.
Mais c’est surtout la perspective d’une rentrée annonciatrice d’un regain de mobilisation populaire qui suscite l’optimisme. La “permanence” du mouvement aura été effectivement assurée. Sa relance le sera forcément.


M. H.

musthammouche@yahoo.fr


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