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contrechamp / ACTUALITÉS

Sérénité révolutionnaire et alarmisme parasitaire

Le “panel” est au travail. Il a annoncé avoir reçu du renfort et s’être doté de commissions et d’un “comité des sages”.

Même en n’ayant pas obtenu le minimum “psychologique” promis et attendu, Karim Younès et ses amis persistent donc. Comme ils avaient d’ailleurs persisté en début de mission alors que le mouvement populaire avait, dès le vendredi suivant, rejeté ce dialogue pour la raison qu’il rejette l’idée d’élection présidentielle préalable à l’abolition effective du régime.
La mission paraît donc bien ardue pour un panel qui, en définitive, ne jouit ni de l’assentiment populaire ni d’un réel effort de crédibilisation de la part des autorités. Son entrée en fonction n’a, d’ailleurs, pas trop occupé l’esprit du mouvement citoyen, comme en témoigne le message des manifestants du 24e vendredi : un message de continuité révolutionnaire.
Le mouvement n’est pas gêné par cette espèce de vie parallèle et recluse du “dialogue”. Pas plus qu’il ne s’est “radicalisé” à cause de cela. Même si le slogan de “désobéissance civile” a fait son apparition, pourquoi le mouvement populaire aurait-il besoin de se “radicaliser”, comme le laissent entendre des analyses de confrères ? N’est-ce pas qu’il est déjà radical dans son exigence de rupture radicale avec le système actuel ? Observons que le slogan n’a pas pris la forme d’un appel. “Hahou djay el 3issian el madani” (la désobéissance civile viendra) évoque une perspective, une possibilité. Elle est mise en débat. On oublie que la manifestation, en plus d’être un moment de revendication partagé, est aussi un lieu de débat. Dans ce contexte où le peuple est privé de débat par la répression des réunions publiques et la censure des mass media, les citoyens sont contraints de débattre en même temps qu’ils manifestent. 
Une praxis en temps réel. Il faudrait peut-être alors avoir une lecture évolutive des slogans qui constitue le véritable “discours de la révolution de Février”. Ces slogans sont des programmes (système dégage ; souveraineté du peuple ; État civil…), rarement des mots d’ordre (les rares mots d’ordre sont : “manahbsouch” — nous ne nous arrêterons pas — et “silmiya” — pacifique). Souvenons-nous du nombre de fois que le mouvement a dû réviser ses propres formes d’expression pour corriger ses excès antisémites (“ya el yahoudi”) ou xénophobes (“ya el maroki”), par exemple, ou pour corriger son attitude envers la revendication féministe !
Non, c’est le pouvoir qui n’a pas cessé de se radicaliser depuis qu’il a pris la résolution d’élire son président. Il ne s’est, d’ailleurs, jamais autant radicalisé que depuis qu’il prône “le dialogue”.
L’alarmisme qui prend prétexte de cette idée de “désobéissance civile” procède de l’opportunisme contre-révolutionnaire. Car le peuple sait sûrement qu’il serait mal avisé de renoncer à ce qui fait la gloire et l’efficacité de son mouvement : son pacifisme. La vertu pédagogique de ce même mouvement, nous l’oublions, a été aussi de nous appeler à une réhabilitation civique.
Les Algériens n’ont nul besoin de radicalisation ni de désobéissance. Ils sont déjà, et peut-être définitivement, insoumis et résolus.
 

M. H.
musthammouche@yahoo.fr 


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