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contrechamp / ACTUALITÉS

Sport, politique et symbolique

Le football est politisé. En Algérie plus qu’ailleurs. En cette aubaine de Coupe d’Afrique à portée de main, le pouvoir ne s’en est point caché : il n’y a pas d’autres exemples de pays où l’État finance le transport et le billet de stade des supporters de l’équipe nationale. Mais s’il est plus attentionné à l’aller qu’au retour, la CAN lui ayant donné l’occasion de rééditer le coup d’Omdurman, il s’en est saisi. Et si, dans cette confrontation, l’Égypte n’était pas l’adversaire, elle en était l’hôte. Il suffisait de compter sur l’aversion réciproque des deux publics “frères” pour opérer le transfert de ressentiment. Le tapage médiatique sur l’expédition finit par faire passer le message subliminal que suggère l’idée de pont aérien.
Le foot est politisé. Et parfois même militarisé. En fonction de l’état politique du pays. En la circonstance, le représentant de l’armée au Caire a soigneusement symbolisé la forme de pouvoir en place à Alger : un pouvoir militaire qui se présente en uniforme. Cette militarisation de la gestion politique s’est exposée jusque sur le terrain d’une finale de coupe continentale. Et l’officier en charge du message a forcé le trait : il s’est bien attardé dans ses congratulations télévisées d’une équipe en ordre serré, même si la haie d’honneur avait été dressée dans le but d’honorer les adversaires malheureux de notre équipe. 
Quand on est “guerriers du désert”, il faut savoir s’aligner. En tout état de cause, dans le contexte national actuel, l’opération mi-médiatique, mi-courtoise a l’effet de signifier la militarisation de la gestion de tout ce qui est politique, sport compris. C’est l’expression du versant “novembriste” du régime qui nous est actuellement proposée. Ou plutôt qui montre des velléités de s’imposer. Peu avant, la partie “badissia” de la manœuvre était à l’honneur avec cette prosternation collective, de front, en croissant impeccable, avec le boss au centre. Dans sa nouvelle version, le régime montre qu’il tolérerait bien l’intégration d’une espèce d’islamiste patriote. En forçant une interprétation nationaliste d’un “badissisme” historiquement pro-colonial, dans un effort de révisionnisme en douceur. Au demeurant, ce qui intéresse le pouvoir dans la déclaration du 1er Novembre, c’est cette formule de “principes islamiques”, cette faille par laquelle l’islamisme, allié programmé, pourrait bénéficier d’une présomption de nationalisme. Comme on le constate, on s’éloigne à grande vitesse du principe de primauté du civil sur le militaire. L’ambassadeur s’était fait discret, sinon pour accuser le coup des colères de supporters “mal traités”. Quant au chef de l’état Bensalah, même lorsque son tour protocolaire est enfin venu, il a dû attendre de voir passer le cinquième ou sixième joueur médaillé avant de commencer à avoir droit aux bises ! Prouesse organisationnelle et répressive : l’emblème amazigh, empêcheur de composer en rond, a été éradiqué de l’espace médiatisé.  Mais rien de neutre dans l’omniprésence du drapeau palestinien qui semble désormais servir de référence identitaire officieuse et à pousser la revendication amazighe vers la sortie. 
Un exploit sportif historique que cette CAN. Mais pas que…
 

M. H.
musthammouche@yahoo.fr 


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