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contrechamp / ACTUALITÉS

Stratégie du contournement

Nous avons assisté, ces derniers jours, à la sortie de prison de nombreux détenus d’opinion ayant purgé leurs peines en même temps qu’à une opération de remise en liberté, provisoire celle-là, d’autres prévenus. Le pouvoir a voulu présenter cette opération combinée comme une mesure d’élargissement massif, une “mesure d’apaisement”. 

Ce genre de signaux peut lui servir en effet à camoufler la permanence de ces vieux réflexes répressifs qui, dans notre système de pouvoir, ont la vie dure. Dans les faits, le mouvement populaire continue à être prioritairement “géré” par la répression et l’étouffement. À Alger, en particulier, les autorités policières innovent, de semaine en semaine, dans les méthodes d’asphyxie des foules et dans les procédés d’intimidation des militants et des manifestants. Elles se font très entreprenantes dans les arrestations d’avant-marche. En matière de censure de l’information, le régime ne se contente pas de black-out des médias sous contrôle politique, mais exerce une forte pression sur les journalistes qui travaillent, désormais, sous la menace permanente d’une interpellation inopinée, au bon vouloir d’un agent. 
L’attitude du pouvoir face au mouvement populaire n’a donc pas évolué avec l’avènement d’une présidence légalisée. Probablement parce que la source de l’autorité, et donc la conception du traitement de l’expression populaire, n’a pas changé, non plus.
Plus que jamais, l’Exécutif donne l’impression d’être chargé d’expédier les affaires courantes, laissant l’administration de la situation politique à la charge de la doctrine usuelle de la carotte et du bâton. Dans cette division du travail, entre illusion d’écoute et réalité répressive, la commission de proposition de réforme constitutionnelle devrait servir de voie de pourrissement de la question de transition systémique. Peut-être, se dit-on, là-haut, que deux mois de répression sourde couverte par deux mois de brainstorming constitutionnel suffiront à étriller une révolution qui devra bien s’avouer vaincue d’avoir tardé à triompher. Et pour y arriver, il suffirait de resserrer l’étau autour des rassemblements de citoyens et de rendre la vie difficile aux animateurs et aux observateurs du mouvement. 
D’ailleurs, on voit bien qu’il y a plus urgent que la Constitution de la “nouvelle Algérie”, pour reprendre le terme usité par le nouveau Président pour désigner son projet politique : sans attendre les propositions, il légifère contre “ceux qui profitent du hirak pour brandir des slogans qui menacent la cohésion nationale”. On sait ce que le prétexte de l’unité et de la cohésion nationales a justifié comme arbitraire à l’encontre de manifestants pour le 
changement.
Pendant que le régime nous organise une croisière réformiste doublée d’une valse de rencontres enveloppées de mystère avec des personnalités politiques supposées sensibles à la pertinence du mouvement révolutionnaire en cours, la répression monte en cadence.
Contenue par les seules limites que lui impose le pacificisme du mouvement populaire.
 

M. H.
musthammouche@yahoo.fr


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