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contrechamp / ACTUALITÉS

Système, science et morale


Le wali de Mascara s’est fièrement donné un air méprisant devant un citoyen qui, bien que ne justifiant que d’un niveau de neuvième année, a… osé commenter la qualité d’une des “réalisations” de “fakhamatouhou” ! Parce que si “fakhamatouhou” n’est plus là, l’esprit “fakhamatouhou” est toujours là, le système étant structuré autour des seuls rapports d’allégeance, de représailles et de corruption.
On peut accabler le citoyen en question de n’en vouloir qu’à lui-même d’être allé interpeller le proconsul d’un gouvernement superfétatoire et auquel le peuple demande, depuis huit mois, de s’effacer. Mais le plus significatif dans l’incident est qu’il aura permis de rappeler à ceux qui commençaient à l’oublier que le système est, à tous les niveaux, incorrigible. Ainsi, ce responsable local, au lieu de se réjouir d’avoir pu, dans les conditions de révolte actuelles, approcher les habitants sans susciter leur hostilité, a préféré leur manifester sa morgue. 
Pourtant, autour de lui, l’impopularité du régime se confirme tous les jours. Et tous les jours, les Algériens, toutes catégories sociales confondues et tous niveaux intellectuels confondus, font la démonstration du gap qui a toujours séparé le génie populaire de l’insuffisance conceptuelle des dirigeants. 
Car enfin, si la compétence était au pouvoir, on n’en serait pas là. Ils auraient, un jour, fini par penser à modérer la suffisance à la désinvolture avec lesquelles ils gèrent — et pillent — le pays. Ne serait-ce que parce qu’un tel abus ne peut être éternellement soutenable. Mais l’aveuglement et l’indigence politique leur interdisaient tout effort d’anticipation. Le détournement au jour le jour constitue une occupation trop prenante.
Pour réfuter la critique du citoyen au sujet d’un élément du réseau d’hydraulique, le wali lui oppose l’écart entre son niveau d’instruction et celui de l’ingénieur qui a conçu ou réalisé le projet en hydraulique. La réaction est celle d’un haut fonctionnaire culturellement inadapté à l’idée démocratique. Sinon, il saurait qu’un responsable qui va au-devant des citoyens ne peut pas le faire pour les disqualifier ensuite comme interlocuteurs ! Il ne peut le faire sous aucun prétexte et encore moins tenter de les humilier. 
Ce navrant épisode tombe bien parce qu’il permet de confirmer le caractère “systémique” de cette mentalité négatrice de la citoyenneté. On peut se remémorer mille incidents où, durant ces vingt dernières années, des citoyens ont été rabroués par des responsables sûrs de leur science et surtout sûrs de leur définitive emprise sur un peuple qu’ils croyaient irréparablement incapables de s’indigner. Et de se révolter. Le système d’allégeance et de clientélisme a banni le mérite et la compétence comme critères d’accès aux responsabilités et, paradoxalement, c’est dans ces systèmes de promotion de la médiocrité que prospère la mentalité de la suffisance. Si bien que ces systèmes, dépourvus de réalisme préventif, périssent toujours par brutale désagrégation.
Que ceux qui souhaitent se recycler dans la démocratie viennent puiser dans l’expérience du hirak et vérifier combien l’intelligence, l’imagination sont inséparables de la bienveillance et de l’humilité.
 

M. H.
musthammouche@yahoo.fr

 


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