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contrechamp / ACTUALITÉS

Tentation autoritariste

Gaïd Salah a parlé. “Nous mettons en garde ces porte-voix qui ne cessent d’appeler à s’éloigner de la Constitution, pour tomber dans l’écueil du vide constitutionnel qui constitue une porte directe s’ouvrant sur l’anarchie et l’inconnu”.

En proclamant contre la voie de transition, il la soutient par une menace diffuse mais réelle envers les tenants de cette option, réduits à un rôle de “porte-voix”. 
Par la même occasion, le chef d’état-major a mis fin au débat autour de la question “des détenus qualifiés à tort comme des prisonniers politiques”. Ceux qui pensaient que leur libération ne devait pas conditionner le dialogue mais être arrachée dans son principe, parce qu’elle est légalement injustifiée, sont prévenus.
Dans la même logique, il a dénoncé “l’appel suspect et illogique portant sur l’atténuation des mesures sécuritaires entreprises au niveau des entrées de la capitale et des grandes villes”, ces mesures étant “prises pour la sécurisation des marches” et donc “pour l’intérêt du peuple”. 
De même qu’il oppose une fin de non-recevoir à la demande de départ de la direction politique actuelle, les institutions de l’Etat étant “une ligne rouge qui n’admet ni tractation ni préalables ou encore moins des diktats illégaux” et devant continuer “à accomplir leurs missions, jusqu’à l’élection du nouveau président de la République”.
Ce faisant, il n’aura pas ménagé le chef de l’Etat qui, selon un communiqué de la Présidence, “a fait état de sa disponibilité à œuvrer pour inviter la justice à examiner la possibilité d’élargissement des personnes, dont l’interpellation s’est faite en lien avec le déroulement des marches populaires” et qui, selon ses hôtes du panel, avait l’intention “d’étudier la possibilité d’alléger le dispositif sécuritaire durant les marches pour garantir la liberté de circulation...” En reliant ces revendications à des “des porte-voix qui orbitent autour” de la bande, le chef d’état-major ne prend pas la peine d’identifier  la revendication authentique du mouvement populaire. Ce mouvement qui se retrouve automatiquement aboli jusque dans sa réalité physique puisqu’il n’y a pas de demande qui lui est apparentée. C’est comme s’il n’y avait  pas de peuple qui manifeste et que le pouvoir ne fait face qu’à ces quelques “traîtres” et autres “porte-voix”, sous-traitants de “la bande”. C’est donc sur le mode de la menace que Gaïd Salah assène son injonction qu’“il n’est plus permis de perdre davantage de temps car les élections constituent le point essentiel autour duquel doit s’axer le dialogue”. 
Le régime semble de simplement devoir endurer un “dialogue” –  avec des conditions en plus ! – et de devoir retarder la mise en œuvre de sa feuille de route pour la tenue rapide d’une élection présidentielle. Le mouvement populaire n’est plus appréhendé comme le principal acteur politique du moment mais comme une simple variable d’ordre public. La tentation autoritariste qui découle de cette attitude est perceptible. 
D’ici qu’on décide d’aller à cette élection sans même s’encombrer de la phase dialogue…


M. H.

musthammouche@yahoo.fr 


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